Tornade à Pomas : le maire espère une reconnaissance en catastrophe naturelle
Tornade à Pomas : le maire espère le régime Cat-Nat

Deux jours après le passage d'une tornade d'une rare intensité sur la commune de Pomas (Aude), les sinistrés espèrent obtenir la reconnaissance du phénomène en qualité de catastrophe naturelle. Mais rien n'est gagné. Quarante-huit heures après le passage de la tornade dévastatrice, entre maisons ravagées, jardins soufflés et voitures éventrées, les habitants se demandent s'ils pourront être indemnisés. Une hypothèse qui relève d'un critère : le classement de la tornade sous le régime de la catastrophe naturelle (ou régime Cat-Nat).

Le maire de Pomas confiant mais prudent

« La qualification de catastrophe naturelle ? Je ne vois pas comment ce serait possible de ne pas l'être », confiait, ce mardi, le maire Hervé Gine à Midi Libre. « Quand on voit le village, l'école et la mairie ont été touchées, des lotissements complets ont été balayés… C'est une catastrophe. » Préoccupé, pour l'heure, par le besoin des sinistrés et les interventions médiatiques, l'élu a fait savoir qu'il constituerait prochainement un dossier avec la préfecture de l'Aude dans l'espoir que le tourbillon qui a dévasté 330 maisons de Pomas et fait plus d'une quarantaine de blessés soit classé sous ce régime Cat-Nat.

« Ce dossier sera ensuite transmis au Ministère, qui choisira si oui ou non, la tornade passe en état de catastrophe naturelle », assure à Midi Libre Valentine Lopez, du service communication de la Préfecture. Les temps d'élaboration et de validation du dossier n'ont pas été communiqués, mais une chose est sûre : l'aval du Ministère permettra aux sinistrés d'être pris en charge.

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Les critères d'indemnisation du régime Cat-Nat

Mais si l'on considère les critères d'indemnisations des sinistrés – aussi complexes que flous –, les chances de voir le dossier Pomas être validé relèvent du pifomètre. D'après le site du gouvernement consacré au régime Cat-Nat, l'indemnisation s'applique en cas « d'inondation, de submersion marine et de fortes vagues ou de sécheresse, de mouvement de terrain, d'avalanche » ou encore, pour « les séismes, les éruptions volcaniques, et les cyclones et ouragans ». Ce dernier aléa est celui qui se rapproche le plus pour définir ce qui a ravagé Pomas. Toutefois, pour que l'indemnisation s'applique, les vents d'un cyclone ou ouragan doivent être « supérieurs à 145 km/h en moyenne sur 10 minutes, ou 215 km/h en rafales ».

Problème, il est trop tôt pour placer la tornade de Pomas sur l'échelle de Fujita, la référence pour catégoriser ces phénomènes. « L'ensemble converge vers un EF2, EF3. Ça fait des vitesses de vent autour ou supérieures à 200 km/h », explique à Midi Libre le directeur de l'ingénierie de Predict Services Sylvain Chave.

Le risque d'un classement en « tempête »

De plus, il se pourrait que le ministère classe le phénomène en qualité de « tempête », ce qui impliquerait que l'état de catastrophe naturelle ne soit pas déclenché. Le sort des sinistrés dépendrait alors de la couverture de leur propre assurance habitation, comme le précise le Cerema Occitanie, spécialiste de l'aménagement du territoire.

D'ici à l'ouverture du dossier Pomas, Hervé Gine saisit l'autre « urgence » de la situation : « On va se relever. Dans les prochains jours, il va falloir reloger les habitants. C'est la priorité. Ça fait vingt-cinq ans que je vis à Pomas, je n'ai jamais vu ça… On a tout perdu, on se demande ce qui nous arrive. »

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