Nice : rue Trachel, les riverains dénoncent toujours l'insécurité
Nice : rue Trachel, les riverains dénoncent toujours l'insécurité

Malgré le « quoi qu’il en coûte sécuritaire » décrété par le maire de Nice, Éric Ciotti, le 1er avril, les habitants de la rue Trachel, en plein centre-ville, affirment que l’insécurité persiste. Une pétition lancée le 12 août a recueilli près de 200 signatures pour dénoncer les « halls d’immeubles occupés et squattés », les « regroupements réguliers », la « consommation et trafic de stupéfiants avérés » et les « nuisances et dégradations quotidiennes ».

Une pétition pour des « actions durables et efficaces »

Les pétitionnaires, qui dénoncent cette situation depuis des années, demandent « de réelles actions, durables et efficaces pour rétablir la sécurité et la tranquillité des habitants de la rue Trachel ». Un propriétaire de la rue, à l’origine de la pétition et qui préfère rester anonyme, reconnaît un « léger frémissement » depuis le changement de municipalité : « Des choses ont été mises en place, il y a eu des interpellations. Mais il n’y a pas que la mairie, la police nationale doit être beaucoup plus présente. Et il y a surtout un vrai problème au niveau de la justice : la plupart des jeunes qui sont arrêtés sont mineurs, et sont relâchés au bout de trois jours. »

Le propriétaire pointe notamment du doigt l’immeuble du 14, rue Trachel, un bâtiment de style Art déco construit vers 1930. « Il y a une immense cour intérieure, et vous pouvez rentrer rue Trachel et sortir rue de Dijon, explique-t-il. Donc c’est assez confortable pour les jeunes, ça leur permet de s’échapper facilement et de planquer des stups à l’intérieur. » Selon lui, un audit de sécurité doit être réalisé sur cet immeuble en lien avec le syndic et la police municipale, pour installer des caméras et peut-être un sas d’entrée sécurisé.

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La mairie annonce des résultats « sans appel »

Stéphane Montagnon, président de l’association du quartier Saint-Étienne, nuance les critiques : « Si les problèmes subsistent, en particulier autour du 14, les moyens déployés depuis le 4 avril par la nouvelle municipalité ont été conséquents et ont permis d’améliorer la situation sur des problématiques anciennes et différentes pour toute la rue Trachel et ses parallèles, que nous ne devons pas oublier. »

La mairie de Nice, par la voix de Françoise Souliman, première adjointe déléguée à la Sécurité, affirme que « les résultats sont sans appel : 192 personnes interpellées depuis le début de l’année, contre 69 sur la même période en 2025, soit +181 %, dont +130 % pour les infractions liées aux stupéfiants. Les verbalisations pour nuisances sonores progressent de 962 % et celles pour incivilités et dépôts sauvages de 700 %. 8 commerces ont été fermés par la police municipale sur la base de l’hygiène et de l’ordre public depuis avril dernier. »

L’opposition réclame les chiffres de la délinquance

Anthony Borré, ancien premier adjoint à la Sécurité de Christian Estrosi et désormais élu d’opposition, a publié un communiqué le 7 septembre demandant à Éric Ciotti de rendre publics les chiffres de la délinquance de l’été. Il cite la déclaration du 5 septembre sur X : « À Nice, nous avons remis de l’ordre dans la rue », et rappelle que le bilan officiel de l’été 2025 avait fait apparaître une baisse de 14,04 % de la délinquance de voie publique. « Il ne peut donc pas y avoir deux méthodes : une lorsqu’on est dans l’opposition, une autre lorsqu’on est maire », ajoute-t-il.

Françoise Souliman conclut : « La Ville de Nice continuera donc à agir avec la plus grande fermeté pour protéger les riverains. Mais la lutte contre le narcotrafic ne peut pas reposer sur la seule police municipale. C’est pourquoi, nous demandons que le secteur de la rue Trachel soit inscrit au dispositif de groupement local de traitement de la délinquance (GLTD), sous l’autorité du procureur de la République. » La préfecture, contactée, n’a pas répondu aux sollicitations.

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