Légion d'honneur : Fillon, Sarkozy, Balkany parmi les nombreux déchus
Légion d'honneur : Fillon, Sarkozy, Balkany déchus

La grande chancellerie de la Légion d'honneur a rendu publique, le 10 janvier 2025, la liste des sanctions disciplinaires prononcées en 2024. Parmi les personnalités concernées, on retrouve d'anciens hauts responsables politiques, dont François Fillon, Nicolas Sarkozy et Patrick Balkany. Ces radiations, décidées pour des motifs variés, illustrent le fonctionnement du conseil de l'ordre, qui veille au respect des valeurs de la République.

Les motifs de radiation pour les anciens Premiers ministres et élus

Selon les informations publiées par la grande chancellerie, François Fillon a été radié de la Légion d'honneur en 2024. L'ancien Premier ministre, reconnu coupable dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope, a vu sa distinction retirée. De même, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, a été frappé d'une radiation. Condamné dans l'affaire des écoutes et pour corruption, il a perdu le rang d'officier qu'il détenait. Patrick Balkany, ancien maire de Levallois-Perret, a également été radié, après avoir été condamné pour fraude fiscale et corruption.

La grande chancellerie précise que ces décisions ont été prises par le conseil de l'ordre, saisi par le garde des Sceaux. Au total, 43 personnes ont été radiées en 2024, dont 12 pour indignité, 28 pour condamnation pénale et 3 pour des motifs de sécurité. Parmi les autres noms figurent celui de l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, radié pour indignité, et celui de l'ancien secrétaire d'État Thomas Thévenoud, radié pour condamnation pénale.

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Le processus disciplinaire et les précédents

Les radiations de la Légion d'honneur sont prononcées par le conseil de l'ordre, qui examine les cas de personnes ayant commis des actes contraires à l'honneur ou condamnées pénalement. Selon la grande chancellerie, « la radiation est une sanction grave, qui intervient après une procédure contradictoire ». En 2023, 38 personnes avaient été radiées, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes. Parmi les cas notables, on peut citer la radiation de l'ancien ministre de la Justice Michel Mercier en 2022, ou encore celle de l'ancien président de la Fédération française de football Noël Le Graët en 2024.

Les personnalités politiques ne sont pas les seules concernées. En 2024, la grande chancellerie a également radié des personnes pour des faits de violence conjugale, de trafic de stupéfiants ou de collaboration avec l'ennemi. La liste complète, publiée au Journal officiel, mentionne des noms moins connus, mais aussi des figures publiques comme l'ancien député Patrick Balkany et son épouse Isabelle Balkany, radiée pour indignité.

L'impact des condamnations judiciaires sur la distinction

La Légion d'honneur, créée par Napoléon Bonaparte en 1802, est la plus haute distinction française. Elle peut être retirée à toute personne condamnée à une peine d'au moins un an de prison ferme pour un crime ou un délit. Selon la grande chancellerie, « la radiation est automatique en cas de condamnation à une peine d'au moins un an de prison ferme, mais elle peut aussi être prononcée pour des faits d'indignité ». Pour Nicolas Sarkozy, condamné à trois ans de prison ferme dans l'affaire des écoutes, la radiation était donc inévitable. François Fillon, condamné à quatre ans de prison ferme dont deux avec sursis, a lui aussi perdu sa distinction.

Les radiations de 2024 interviennent dans un contexte de renforcement des contrôles sur les distinctions honorifiques. La grande chancellerie a indiqué que 1 200 dossiers étaient en cours d'examen, dont 150 pour des motifs disciplinaires. Cette année, le nombre de radiations a augmenté de 13 % par rapport à 2023, selon les chiffres officiels.

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