Le 14 juillet 2021, un article du Point revient sur un épisode méconnu de la carrière de Johnny Hallyday : sa reprise de « San Francisco (Be Sure to Wear Flowers in Your Hair) », tube de Scott McKenzie sorti en 1967. Enregistrée en 1969, cette version française, intitulée simplement « San Francisco », fut un échec retentissant.
Une reprise décalée dans le contexte de l'époque
À la fin des années 1960, Johnny Hallyday, déjà star en France, cherche à surfer sur la vague hippie et flower power venue des États-Unis. Le titre original de Scott McKenzie, hymne à la liberté et à la contre-culture, incarnait l'esprit du Summer of Love de 1967. Johnny, habitué au rock 'n' roll endiablé et aux balades sentimentales, tente une adaptation en français. Les paroles, écrites par Pierre Delanoë, transposent l'appel à la paix et à l'amour dans un contexte hexagonal, mais le résultat sonne faux.
Selon l'article du Point, la version de Johnny Hallyday « manque de conviction » et « trahit l'esprit original ». Le chanteur, avec sa voix rocailleuse et son interprétation énergique, ne parvient pas à capturer la douceur mélancolique et l'optimisme naïf de McKenzie. Le public, lui, ne suit pas : le single se vend à peine à quelques milliers d'exemplaires, un chiffre dérisoire pour Johnny, qui écoulait habituellement ses disques par centaines de milliers.
Un échec commercial et critique
L'échec est immédiat. Les radios françaises, pourtant friandes des nouveautés de Johnny, délaissent rapidement le titre. Les critiques musicaux de l'époque, comme le rapporte Le Point, sont sévères : ils parlent d'une « tentative maladroite » et d'une « méprise artistique ». Johnny lui-même, dans ses mémoires, aurait reconnu plus tard que cette reprise était une erreur, selon l'article. Il confie : « Je n'aurais jamais dû toucher à ce morceau. Il n'était pas fait pour moi. »
Le contraste est frappant avec le succès planétaire de Scott McKenzie, dont le single s'était écoulé à plus d'un million d'exemplaires en 1967. La version de Johnny, elle, disparaît des classements en quelques semaines. Aujourd'hui, elle reste une rareté pour les collectionneurs, mais un symbole de l'inadaptation d'un artiste à un courant qui ne lui correspondait pas.
Un héritage contrasté
Malgré cet échec, Johnny Hallyday ne renonce pas aux reprises internationales. Il continuera à adapter des succès anglo-saxons, comme « Que je t'aime » (inspiré de « The Letter »), avec plus de bonheur. Mais « San Francisco » reste une anomalie dans sa discographie. L'article du Point souligne que cet épisode illustre les risques de la mode : « Johnny a voulu suivre une tendance sans en maîtriser les codes, et le public ne lui a pas pardonné. »
En 2021, plus de cinquante ans après, cette reprise est redécouverte par les fans comme une curiosité. Elle témoigne de la difficulté pour un artiste de changer de registre, même lorsqu'il est au sommet de sa gloire. L'impact de cet échec, bien que limité, a marqué la carrière de Johnny : il l'a incité à rester plus fidèle à son style rock, qui fera sa légende. Aujourd'hui, « San Francisco » de Johnny Hallyday est un objet de collection, mais aussi une leçon sur l'importance de l'authenticité dans la musique.



