Présidentielle : Attal propose 350 députés, capitalisation et quotas migratoires
Présidentielle : les propositions chocs d'Attal

Gabriel Attal, ancien Premier ministre et candidat déclaré à la présidentielle, a présenté ce week-end une série de propositions économiques et sociétales qui marquent une droitisation de son offre politique. Trois mesures phares structurent son programme : la réduction du nombre de députés à 350, l'introduction d'une retraite par capitalisation et l'instauration de quotas limitatifs pour l'immigration.

Une Assemblée nationale réduite à 350 députés

Dans un entretien accordé à la presse régionale, Gabriel Attal a justifié sa volonté de réduire de près de 40 % le nombre de parlementaires. Selon lui, une assemblée plus resserrée serait plus efficace et permettrait de réaliser des économies budgétaires substantielles. Actuellement composée de 577 députés, l'Assemblée nationale passerait à 350 sièges, un chiffre qui rappelle les propositions avancées par la droite et l'extrême droite par le passé.

Le candidat estime que cette réforme, couplée à une dose de proportionnelle, moderniserait la vie politique française. Il a également évoqué une réduction du nombre de sénateurs, sans toutefois préciser de chiffre.

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Une retraite par capitalisation pour compléter le système par répartition

Sur le dossier des retraites, Gabriel Attal propose de créer un étage de capitalisation individuelle en plus du système par répartition. Concrètement, chaque actif pourrait cotiser à un fonds d'épargne retraite, abondé par l'État pour les plus modestes. Cette mesure, inspirée des modèles suédois et australien, vise à renforcer le pouvoir d'achat des futurs retraités et à soulager les finances publiques.

L'ancien chef du gouvernement a précisé que cette capitalisation ne remplacerait pas les pensions actuelles mais les compléterait. Il s'engage à maintenir l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, tout en offrant des possibilités de départ anticipé pour les carrières longues.

Des quotas limitatifs pour l'immigration

Gabriel Attal s'est également prononcé pour une immigration « maîtrisée et choisie ». Il propose d'instaurer des quotas limitatifs fixés chaque année par le Parlement, ventilés par motif de séjour (travail, études, asile, famille). Les titres de séjour seraient délivrés en fonction des besoins économiques et des capacités d'accueil du pays.

Cette mesure, qu'il présente comme une « exigence de souveraineté », serait accompagnée d'un renforcement des expulsions des déboutés du droit d'asile et d'un durcissement des conditions d'accès aux aides sociales pour les étrangers non européens.

Des réactions contrastées

Les propositions d'Attal ont immédiatement suscité des réactions dans le monde politique. À gauche, on dénonce une « dérive droitière » et une « course à l'extrême droite ». Pour la France insoumise, ces annonces sont « le signe d'un renoncement à l'égalité et à la solidarité ». Le Rassemblement national, de son côté, y voit une « victoire idéologique » mais dénonce des « demi-mesures ».

Au sein du camp présidentiel, la plupart des élus soutiennent la démarche, y voyant un moyen de contrer la montée du RN. Toutefois, certains, comme l'aile gauche de la majorité, s'inquiètent d'un « virage qui pourrait fracturer l'électorat centriste ».

Un calendrier accéléré pour la campagne

Ces annonces interviennent à un moment clé de la campagne présidentielle, alors que les sondages placent Gabriel Attal en troisième position derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella. Pour tenter d'inverser la tendance, le candidat multiplie les déplacements et les prises de parole. Il prévoit de dévoiler prochainement d'autres mesures concernant la sécurité et l'éducation.

D'après son entourage, ces propositions ont été travaillées avec plusieurs économistes et juristes depuis plusieurs mois. L'objectif affiché est de présenter un projet « réaliste, financé et ancré dans les valeurs républicaines ».

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Reste à savoir si ces mesures, notamment la retraite par capitalisation, pourraient s'inspirer de modèles étrangers avec des résultats contrastés. Au Chili, la capitalisation a entraîné une hausse des inégalités entre retraités. La Suède, en revanche, combine répartition et capitalisation avec un certain succès. Cette comparaison pourrait alimenter le débat dans les prochaines semaines.