Le parti ultraconservateur polonais Droit et Justice (PiS) est en pleine décomposition, à un peu plus d'un an des élections législatives prévues à l'automne 2027. Selon un article du Monde publié le 30 juillet 2026, la formation nationaliste a perdu 12 points d'intention de vote en six mois, tombant à 28 % des suffrages. La scission, menée par l'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki, a déjà emporté une vingtaine de députés.
Une scission annoncée après des mois de tensions internes
Les dissensions au sein du PiS couvaient depuis le départ de Jarosław Kaczyński de la présidence du parti en 2025. La ligne dure, représentée par le chef historique, s'opposait à la frange plus modérée emmenée par Morawiecki. Selon le quotidien français, les deux camps se sont affrontés sur la stratégie à adopter face à l'Union européenne et sur la politique migratoire. Le 15 juillet, Morawiecki a officiellement lancé son propre mouvement, baptisé « Alliance pour la Pologne », entraînant avec lui 22 députés et 3 sénateurs.
Une chute dans les sondages accélérée par la défection
La défection a provoqué une onde de choc dans l'électorat conservateur. Le PiS, qui était au coude-à-coude avec la Coalition civique (PO) de Donald Tusk, accuse désormais un retard de 8 points. Un sondage CBOS de la mi-juillet indique que 34 % des électeurs du PiS jugent la scission comme « très négative » pour le pays. Selon un politologue de l'université de Varsovie cité anonymement dans l'article, « le PiS paie son incapacité à se renouveler et à maintenir l'unité face à l'usure du pouvoir ».
Les réactions des principaux dirigeants
Jarosław Kaczyński, dans une déclaration rapportée par Le Monde, a qualifié le départ de Morawiecki de « trahison de la cause nationale ». Il a affirmé que « ceux qui quittent le navire en pleine tempête ne méritent pas la confiance des Polonais ». De son côté, Mateusz Morawiecki a justifié son geste par la nécessité de « moderniser la droite polonaise pour ne pas offrir la victoire à la gauche libérale ». Il a promis de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions aux législatives.
Des conséquences sur l'équilibre politique polonais
La fragmentation de la droite polonaise pourrait profiter à la Coalition civique et à la gauche. Selon l'article, les analystes estiment que l'Alliance pour la Pologne pourrait capter entre 8 % et 10 % des voix, principalement au détriment du PiS. Cela rendrait difficile la formation d'une majorité stable après les élections. « On se dirige vers une coalition hétéroclite, peut-être même une grande coalition entre le PO et une partie de la droite modérée », prédit un analyste cité par le journal.
Un avenir incertain pour le camp nationaliste
À un an du scrutin, le camp nationaliste est plus divisé que jamais. Le PiS, qui a dominé la vie politique polonaise pendant huit ans, risque de perdre son statut de premier parti du pays. La scission Morawiecki ouvre une période d'incertitude, avec des négociations en coulisses pour d'éventuelles alliances. Le Monde conclut que « l'avenir de la droite polonaise se joue aujourd'hui dans les luttes internes, bien plus que face à ses adversaires ».



