FIFA et Infantino prêts à céder les droits du Mondial
FIFA et Infantino veulent vendre les bijoux de famille

La Fédération internationale de football association (FIFA) pourrait prochainement vendre les droits de diffusion et de sponsoring de la Coupe du Monde à un consortium d'investisseurs. Selon une information du journal Le Point, le président Gianni Infantino pousse en faveur de cette cession, qu'il présente comme une manne financière immédiate pour le développement du football.

Un projet qui divise

L'idée est de transférer les droits médias et marketing des prochaines éditions du Mondial à une entité privée, en échange d'un versement unique de plusieurs milliards de dollars. Pour Infantino, il s'agirait de sécuriser les revenus de la FIFA et de financer ses programmes de croissance dans les pays émergents. Mais les opposants à ce projet y voient une « braderie » des actifs les plus précieux de l'institution.

« Vendre les bijoux de famille, c’est hypothéquer l’avenir du football mondial », a confié un ancien haut responsable de la FIFA sous couvert d’anonymat. « La Coupe du Monde est la vache à lait de la fédération. La céder à des intérêts privés, c’est perdre le contrôle de notre sport roi. »

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Des montants colossaux en jeu

La Coupe du Monde 2022 au Qatar a généré des revenus de 7,5 milliards de dollars pour la FIFA, selon les comptes officiels. Les droits TV représentent à eux seuls plus de 60 % de cette somme. En cédant ces droits pour plusieurs cycles, la FIFA obtiendrait un paiement immédiat estimé à plus de 20 milliards de dollars, selon des analystes financiers. De quoi renflouer les caisses et financer les projets d’Infantino, mais à quel prix ?

Les critiques estiment que cette opération priverait la FIFA des revenus futurs, notamment ceux des Coupes du Monde 2026 (États-Unis, Canada, Mexique) et 2030 (probablement multi-continentale). Ils pointent également les risques de conflits d’intérêts et d’ingérence des investisseurs privés dans les décisions sportives.

Une opposition grandissante

Plusieurs fédérations nationales, notamment européennes, ont exprimé leur mécontentement. La Fédération allemande de football (DFB) et la Fédération anglaise (FA) auraient déjà fait savoir à Infantino leur opposition à ce projet. « Nous ne pouvons pas laisser une poignée de milliardaires dicter leur loi dans le football mondial », a déclaré un dirigeant européen.

De son côté, la FIFA justifie cette démarche par la nécessité de diversifier ses sources de financement et de réduire sa dépendance aux droits télévisuels. L’organisation rappelle que les fonds serviront à financer le développement du football dans les pays les plus pauvres, via le programme Forward.

Quel avenir pour le football mondial ?

Si le projet aboutit, il marquerait un tournant historique dans la gouvernance du football. La FIFA, déjà fragilisée par les scandales de corruption des années 2010, pourrait perdre son indépendance financière et sa capacité à peser dans les négociations avec les clubs et les ligues.

La décision finale revient au Conseil de la FIFA, qui se réunira en mars prochain à Kigali, au Rwanda. Les regards sont tournés vers les 37 membres du Conseil, dont plusieurs sont réticents. « C’est le moment de vérité », conclut l’ancien haut responsable. « Soit nous préservons l’héritage de la FIFA, soit nous le liquidons. »

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