Raphaël Glucksmann, large vainqueur de la primaire de la gauche sociale-démocrate avec 66,13 % des voix, doit désormais élargir son audience de candidat et convaincre l'ensemble de la gauche non-mélenchoniste, qui ne lui fait pas encore unanime.
Une victoire nette mais des défis immédiats
Le président de Place publique, qui fêtera ses 47 ans ce jeudi 15 octobre, a été désigné candidat de son camp dès le premier tour, devançant son principal rival, Olivier Faure, le patron du Parti socialiste, de plus de cinquante points. Environ 120 000 électeurs ont participé à cette primaire, et les résultats ont été annoncés dimanche à 18 h 17.
Christian Assaf, président du groupe socialiste au Conseil régional d'Occitanie, qui soutenait l'eurodéputé, avait espéré avant le scrutin "une victoire nette, qui donne de la force, de la dynamique, et permet un rassemblement plus facile". Si la force et la dynamique sont acquises, le rassemblement reste à prouver.
Des critiques venues de la gauche
Ségolène Royal a salué la victoire de Raphaël Glucksmann avec un commentaire cinglant : "C'est le stagiaire qui a gagné". De son côté, François Ruffin a ironisé : "Quelle surprise ! Raphaël Glucksmann remporte la primaire de Raphaël à Glucksmann".
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a également critiqué le choix des votants : "Le choix largement majoritaire des votantes et des votants s'est porté sur le candidat qui avait refusé une primaire populaire et ouverte. […] Nous constatons aussi que c'est celui qui fait le choix du repli en refusant toute perspective d'alliance large de toute la gauche et des écologistes."
La ligne politique tranchée
Interrogé sur France Inter lundi, Raphaël Glucksmann a affirmé : "La ligne, elle est tranchée. Quand il y a eu un tel écart, une telle netteté dans la victoire, on ne reviendra plus sur la question de la ligne. […] On nous a assez reproché, pendant la campagne des primaires, de revenir trop souvent sur la discussion stratégique, sur la question des alliances. Eh bien maintenant, c'est réglé."
Cette position exclut toute alliance avec La France insoumise, ce qui alimente le procès en candidat "du centre" fait par ses opposants de gauche, même hors LFI.
Soutiens en Occitanie et image à changer
Raphaël Glucksmann peut compter sur des soutiens en Occitanie, notamment de la présidente de Région Carole Delga, qui a salué son succès : "La ligne politique que je défends depuis des années l'emporte largement". Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a plaidé : "Notre devoir est de qualifier la gauche capable de rassembler au second tour pour l'emporter face à l'extrême droite".
Le candidat doit toutefois se départir de son image d'intellectuel bourgeois germanopratin, que Carole Delga regrettait de voir enfermer son favori à Bram, lors des Rencontres de la gauche. À Bram, dans l'Aude, Raphaël Glucksmann s'était montré à l'aise, multipliant selfies et embrassades, et ambitionnant de parler au plus grand nombre, notamment des salaires et de l'industrie : "La gauche sociale-démocrate, elle a d'abord perdu les travailleurs. […] Il va falloir remettre les travailleurs au cœur du contrat social, parler des salaires, […] parler d'industrie."