Dans sa chronique sur France Inter, l'humoriste Sophia Aram a vivement critiqué La France Insoumise (LFI) pour avoir, selon elle, ressorti la « carte de la domination juive ». Cette accusation intervient après des déclarations de responsables insoumis qui, selon Aram, reprennent des stéréotypes antisémites classiques.
Une rhétorique qui inquiète
Sophia Aram a pointé du doigt des propos tenus par des figures de LFI, notamment ceux de la députée Danièle Obono, qui a évoqué une « mainmise » sur les médias et la culture. Pour l'humoriste, ces termes rappellent les vieux clichés sur une prétendue domination juive. « C'est exactement le même mécanisme que celui utilisé par l'extrême droite », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette rhétorique est « dangereuse et nauséabonde ».
La chroniqueuse a également rappelé que Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, avait déjà été accusé de tenir des propos ambigus sur la question juive. « On ne peut pas, d'un côté, se dire antiraciste et, de l'autre, laisser prospérer ce genre de discours », a-t-elle insisté.
Des réactions politiques
Les accusations de Sophia Aram ont suscité de vives réactions. Plusieurs responsables politiques, dont le député LFI Alexis Corbière, ont dénoncé une « instrumentalisation » et une « calomnie ». « Nous combattons toutes les formes de racisme, y compris l'antisémitisme », a-t-il affirmé, ajoutant que les propos d'Aram étaient « infondés ».
De son côté, la licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) a salué la prise de parole de l'humoriste, estimant qu'elle « met le doigt sur un problème réel » au sein de la gauche radicale. « Il est essentiel de ne pas laisser passer ces sous-entendus », a déclaré un porte-parole de l'organisation.
Un débat qui divise
Cette polémique intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la question de l'antisémitisme en France. Selon un récent sondage, 78 % des Français considèrent que l'antisémitisme est en hausse dans le pays. Pour Sophia Aram, le retour de ces discours au sein de LFI est « un signal d'alarme » qui ne doit pas être ignoré.
« Quand on entend des responsables politiques parler de 'lobby juif' ou de 'domination', on ne peut pas faire semblant de ne pas comprendre », a-t-elle conclu, appelant à une « clarification » de la part de la direction de LFI.



