Pia Landrin, nouvelle élue RN à Agen, veut prouver la montée en compétences de son équipe
Pia Landrin, élue RN à Agen, vise la montée en compétences

« Bien sûr, on aurait préféré gagner, évidemment. Mais d’une certaine façon, je ne suis pas déçue parce qu’en tant qu’élue d’opposition, je vais avoir le temps d’apprendre. Je suis vraiment enthousiaste. » Pia Landrin est l’une des nouvelles voix de l’opposition à Agen. Aujourd’hui encartée au Rassemblement national, apôtre de l’union des droites, l’élue s’est engagée en politique au soutien de François Fillon à la présidentielle de 2017, avant de claquer la porte des Républicains en 2022, après la désignation de Valérie Pécresse, puis de se positionner comme suppléante du candidat Geoffroy Gary pour Reconquête aux législatives quelques mois plus tard, jusqu’à accéder à son premier mandat avec l’étiquette RN, en tant que n°2 de la liste Agen en Action.

Un parcours nourri d’engagements

Avec un tempérament de « bosseuse », l’orthophoniste de 42 ans entend faire, avec son entrée au Conseil municipal d’Agen et au Conseil d’Agglo, la preuve « d’une montée en compétences des membres de son équipe. On a eu beaucoup de formations pendant la campagne, on continue d’en recevoir, et ce rôle de conseillers va démontrer que l’on travaille les sujets ».

Divergences assumées

« Ça ne vous aura pas échappé, nous sommes de droite. » L’aphorisme, lâché lors du débat d’orientation budgétaire de la Ville, marque sa ligne de conduite sans ambiguïté, la conseillère municipale refusant toutefois l’opposition de principe. « J’apprécie pouvoir échanger avec tout le monde, l’ambiance est cordiale. Personne au sein de l’assemblée, LFI compris, n’a encore refusé de me serrer la main en me traitant de fasciste », pointe Pia Landrin.

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Incongruité politique, l’élue RN partage le même cabinet qu’Élodie Benard, adjointe communiste en charge des solidarités et de l’action sociale. « Ça n’empêche pas de discuter, on est chacune dans son rôle, on peut être très amies et avoir des opinions politiques différentes, c’est de plus en plus rare, mais ça arrive encore », assure celle qui a connu ce genre de confrontation dès l’enfance. « Pour moi, on peut tout à fait s’engueuler, s’envoyer des assiettes à la figure en parlant politique et passer Noël ensemble, ça n’est absolument pas incompatible. »

Un parcours personnel et professionnel riche

L’aînée de quatre enfants a grandi à Bazas, en Gironde, entre une mère d’ascendance belge et un père médecin rééducateur ayant occupé des fonctions syndicales professionnelles. Son bac scientifique en poche, Pia Landrin poursuit ses études à Toulouse, passée par hypokhâgne où elle partage les bancs avec une certaine Clémence Robert, avant de tenter le concours d’orthophoniste, un métier qu’elle « découvre un peu par hasard, mais qui la passionne, en raison de la relation durable avec les patients, et de son champ d’intervention varié ». Après avoir été élue administratrice fédérale, au niveau national, Pia Landrin exerce aujourd’hui la fonction de trésorière du Syndicat interdépartemental des orthophonistes de Nouvelle-Aquitaine.

À l’issue de ses études supérieures, la Girondine quitte pour trois années la France pour le Vietnam, se marie, a son premier enfant, et revient dans la région, d’abord à Bordeaux, puis en Lot-et-Garonne en 2013, son époux médecin, d’origine bretonne, ayant une opportunité professionnelle près d’Agen. « J’aime cette ville, où l’on peut avoir une vie de village », assure cette passionnée de cuisine, elle-même mère de quatre enfants, appréciant se joindre à ses voisins pour préparer le canard, le cochon, et se rendre deux fois par semaine au marché.

Une marque politique qui s’imprime

Sa marque politique à Agen commence à s’imprimer. En comparant son expérience de conseillère municipale avec celle de sa sœur, nouvellement élue sur une liste de droite, dans la majorité, Pia Landrin « s’est mise tout de suite au travail. Au sein du Conseil municipal, nous savons exactement sur quoi nous ne sommes pas d’accord. Reste à découvrir sur quoi on peut s’entendre… »

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Et toujours, anticiper la prochaine échéance électorale ? « Je vais là où on m’appelle, c’est mon côté chrétien », observe cette « catholique pratiquante », glissant au passage que « la messe est l’un des derniers endroits où rencontrer des gens que vous n’auriez jamais croisés autrement. D’ailleurs, le curé d’Agen est très fier d’avoir eu des paroissiens sur toutes les listes… » Ayant le directeur de cabinet de Jordan Bardella à Bruxelles pour frère, les réunions familiales de Pia Landrin ne devraient pas esquiver les perspectives présidentielles et législatives. « Du militantisme de base, à mon niveau, mais dans deux ans… », poursuit-elle comme pour chercher l’hôtel Saint-Jacques du regard. « Il est impensable de laisser ce département à la gauche. »