Levée de drapeau à Nice : la mesure bascule vers le périscolaire
Levée de drapeau à Nice : cap sur le périscolaire

La mairie de Nice envisage de déplacer la levée du drapeau et la Marseillaise sur le temps périscolaire, après le refus du ministère de l'Éducation nationale de l'intégrer au temps scolaire. La mesure, annoncée par le maire Éric Ciotti, pourrait ainsi être appliquée en dehors des heures de cours, selon une source proche de la municipalité.

Une décision qui soulève des questions chez les enseignants

Dans une école de l'est de Nice, une institutrice s'interroge sur les modalités pratiques : « On nous a dit que ce serait sur le temps périscolaire, mais quand ? ». Elle précise que le mât et le drapeau français viennent d'être installés dans son établissement, mais que les enseignants ignorent si la cérémonie aura lieu à la pause méridienne ou à 16 h 30. « Ce ne sera donc pas obligatoire, tous les enfants ne le feront pas, ceux qui ne mangent pas à la cantine, ceux qui ne restent pas le soir », ajoute-t-elle.

Les enseignants s'inquiètent également de l'aspect facultatif du périscolaire : « On ne pourra pas les obliger puisque d'autres enfants seront partis. Et puis le périscolaire c'est facultatif, il faudra qu'on demande l'autorisation des parents je pense », relève l'institutrice. Un professeur du centre-ville grogne : « Ce n'est pas notre rôle. Et on a bien d'autres priorités que de s'occuper de ça. Il y avait plus urgent financièrement… il nous arrive de payer nous-mêmes du matériel ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le contexte : une annonce polémique de la rentrée

Le sujet avait enflammé les débats de cette rentrée scolaire à Nice. Éric Ciotti avait annoncé, trois jours avant la rentrée, qu'il allait étudier la mise en place d'une levée du drapeau français accompagnée de La Marseillaise, au moins une fois par semaine dans toutes les primaires de la ville. Son objectif : dynamiser le « patriotisme et la fierté d'être français ». Le maire UDR de Nice espérait la mise en œuvre d'une convention entre la Ville et l'Éducation nationale.

Le ministre Édouard Geffray a immédiatement refusé, ce qu'Éric Ciotti a dénoncé comme une « énième dérive gauchisante » de la part du gouvernement. La séquence a également conduit à la saisine de l'Arcom et de la Commission des sondages après une émission de Cyril Hanouna sur le sujet.

Une rencontre entre le maire et le recteur

Selon nos informations, le maire et le recteur, Emmanuel Roux, se sont rencontrés le 7 septembre 2026 pour ce qu'une source proche du dossier appelle une « visite de courtoisie ». Si l'objectif n'était pas d'évoquer la levée des couleurs, il en a été question. Le recteur s'en est tenu à la fin de non-recevoir posée par le ministre. Emmanuel Roux a toutefois envoyé un courrier aux directeurs d'établissement pour rappeler que le bâti des écoles élémentaires est géré par la Ville, et qu'ils devaient faciliter l'installation des mâts dans les cours de récréation, en veillant à la sécurité des enfants et sans perturber l'enseignement.

Coût zéro et faisabilité à l'étude

Selon la Ville, le coût des 89 mâts et drapeaux prévus avant les vacances de la Toussaint serait de zéro euro. Un porte-parole de la municipalité assure : « Les mâts et les drapeaux étaient déjà en possession de la commune. » Une source proche de la mairie révèle : « La faisabilité de cette mesure est à l'étude, il est donc normal qu'il n'y ait pas eu de communication à ce stade. »

Cette source confirme : « Si une telle décision était prise, elle aurait vocation, bien sûr, à se faire sur le temps périscolaire. » Elle conclut : « En tout état de cause, quel que soit l'arbitrage que rendra le maire de Nice, l'installation des mâts est un symbole fort pour ramener le drapeau tricolore au cœur de nos établissements. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale