Le dernier numéro du magazine municipal de Carcassonne, intitulé La vie de Carcassonne n° 2, affiche en page 5 une photographie du maire Christophe Barthès entouré d'agents de police municipale. Parmi eux figure César R., le policier de 50 ans suspendu depuis la diffusion, le 8 septembre par Midi Libre, d'une vidéo dans laquelle des propos racistes, misogynes et putschistes ont été tenus par une patrouille. Cette image, repérée par nos confrères de L'Indépendant, suscite des interrogations sur la proximité entre l'édile et l'agent mis en cause.
Une photo compromettante dans le journal de la Ville
La photographie illustre un article consacré aux actions du maire, qui « souhaite renforcer la sécurité en centre-ville, dans les quartiers et les hameaux de la Ville ». On y voit Christophe Barthès entouré de plusieurs agents, dont César R., chef d'équipe de la police municipale, qui apparaît tout à droite sur l'image. Ce policier, proche du service d'ordre du Rassemblement national et ex-adhérent du parti dont il a été exclu, avait été suspendu de ses fonctions dès la diffusion de la vidéo.
Le lendemain de la révélation, le maire RN de Carcassonne avait condamné des « propos scandaleux racistes, misogynes, complotistes et homophobes qui sont à vomir et inexcusables ». Une semaine plus tard, la publication de cette photo dans le magazine municipal apparaît comme une maladresse de la part des équipes de communication de la Ville.
Une proximité qui interroge
Cette image renforce l'hypothèse d'une certaine complicité entre le maire et le policier mis en cause. Simple bourde, erreur de communication ou manque de temps pour changer de photo ? La mairie n'a pour l'heure pas donné de réponse. Une chose est sûre : ce nouveau numéro du magazine de la Ville est plombé par l'actualité policière, à laquelle s'ajoute une enquête pour violences policières confiée le 13 septembre à l'IGPN.
Le contexte est d'autant plus délicat que l'affaire a pris une ampleur nationale. Laurent Nunez, préfet de police, a annoncé avoir saisi l'Inspection générale de la gendarmerie, estimant que « les propos auraient dû être condamnés avant ». Par ailleurs, le parquet a ouvert une nouvelle enquête, tandis que des agents ont été suspendus ou non, dans un climat de « chasse aux sorcières » dénoncé par certains.
Une affaire aux multiples rebondissements
La vidéo, d'une durée de quatre minutes, a été extraite de la caméra-piéton appartenant à César R. Elle a révélé des dérives graves au sein de la police municipale de Carcassonne, notamment des propos racistes, misogynes et complotistes. Le policier, qui s'était filmé en patrouille sans s'en rendre compte, avait également aidé le nouveau maire à ridiculiser la CGT, selon des informations rapportées par Midi Libre.
Cette affaire a également mis en lumière les liens entre le policier et le parti de Marine Le Pen, puisqu'il était membre du service d'ordre du RN avant d'en être exclu. La publication de cette photo dans le magazine municipal, au moment où l'enquête de l'IGPN se poursuit, pourrait encore alourdir le dossier.



