Moins de femmes préfètes : la Cour des Comptes tire la sonnette d'alarme
Femmes préfètes : la Cour des Comptes alarmée

Dans un rapport publié ce mardi, la Cour des Comptes dénonce une diminution significative de la proportion de femmes occupant le poste de préfet en France. Selon les données compilées par l'institution, la part des préfètes est passée de 30% en 2020 à seulement 25% en 2025, une tendance inverse aux objectifs d'égalité professionnelle affichés par l'administration.

Un constat sans appel

Ce recul intervient après une période de relative progression dans les années 2010. En 2015, les femmes représentaient 22% des préfets, un chiffre qui avait grimpé pour atteindre un pic de 32% en 2022. Mais depuis trois ans, la tendance s'est inversée. « Nous assistons à une régression inacceptable dans un corps qui devrait pourtant être exemplaire en matière de parité », a déclaré un magistrat de la Cour cité dans le rapport. L'étude s'appuie sur les nominations et les effectifs entre 2010 et 2025, analysant plus de 400 postes.

Les causes du déséquilibre

La Cour pointe plusieurs facteurs. D'abord, un « effet de vivier » : les promotions internes proviennent davantage de postes de sous-préfets, où les femmes sont déjà sous-représentées (35% en 2024). Ensuite, un biais dans les nominations politiques : sur les 25 derniers préfets nommés directement par le gouvernement, seuls 4 sont des femmes. Enfin, un problème d'attractivité du poste pour les femmes, lié à la mobilité géographique exigée. « Les contraintes familiales pèsent encore davantage sur les carrières féminines dans la haute fonction publique », souligne le rapport.

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Des recommandations précises

Pour inverser la tendance, la Cour formule plusieurs recommandations. Elle préconise de fixer un objectif chiffré de 40% de femmes parmi les préfets d'ici 2030, avec un suivi annuel. Elle propose aussi de revoir les critères de mobilité et de mettre en place un système de mentorat pour les femmes sous-préfètes. Enfin, elle demande au gouvernement de justifier publiquement tout écart dans les nominations. « Sans une volonté politique forte, le plafond de verre restera intact », alerte le rapport.

Une réaction attendue

Le ministère de l'Intérieur a déjà pris connaissance du rapport. Dans une déclaration, il assure que « la parité est une priorité » et qu'un plan d'action sera présenté dans les prochains mois. Toutefois, les associations de défense des droits des femmes, comme « Femmes préfètes », jugent ces promesses insuffisantes. « Il faut des mesures contraignantes, pas seulement des vœux pieux », a réagi leur porte-parole. La Cour des Comptes, de son côté, promet un suivi dans deux ans pour évaluer les progrès réalisés.

Ce rapport s'inscrit dans un contexte plus large de remise en cause de la parité dans la haute fonction publique. En 2024, le Haut Conseil à l'égalité avait déjà dénoncé une stagnation dans les postes de direction. Avec ces nouvelles données, la pression monte sur l'exécutif pour agir concrètement. La question des préfètes devient ainsi un symbole des défis persistants de l'égalité professionnelle en France.

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