Le ministère de l'Intérieur a annoncé ce jeudi la fermeture administrative pour six mois de la mosquée d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, en raison de propos tenus lors de prêches incitant à la violence et faisant l'apologie du terrorisme. Cette décision, prise en application de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, vise à lutter contre les discours de haine et la radicalisation.
Des prêches sous surveillance
Selon les services de renseignement, plusieurs sermons diffusés au sein de la mosquée ces derniers mois contenaient des appels explicites à la haine et à la violence, notamment envers les forces de l'ordre et les représentants de l'État. Les enquêteurs ont relevé des passages faisant l'apologie d'actes terroristes, en référence à des attentats récents. Cette surveillance renforcée s'inscrit dans le cadre de la lutte antiterroriste, qui mobilise la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et les préfectures.
Une procédure accélérée
La fermeture a été prononcée par arrêté préfectoral, conformément à l'article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure. Le préfet de Seine-Saint-Denis a estimé que les agissements constatés constituaient une menace grave et immédiate pour l'ordre public. Le maire d'Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, a salué une décision ferme, déclarant : « Nous ne tolérerons aucune dérive dans nos lieux de culte. La République doit se faire respecter. » De son côté, le conseil régional du culte musulman a appelé au calme tout en rappelant son attachement à la liberté de culte, dans le respect des lois.
Un précédent dans le département
Ce n'est pas la première fois qu'une mosquée est fermée en Seine-Saint-Denis. En 2022, la mosquée de Clichy-sous-Bois avait déjà fait l'objet d'une mesure similaire pour des motifs comparables. Selon les chiffres du ministère, 19 lieux de culte ont été fermés en France depuis la loi de 2021, dont 9 en Île-de-France. Cette nouvelle fermeture intervient dans un contexte de vigilance accrue à l'approche des Jeux Olympiques de Paris 2024.
Réactions contrastées
Les réactions politiques sont partagées. La droite et l'extrême droite saluent une action musclée, tandis que certaines associations de défense des libertés publiques dénoncent une mesure disproportionnée. Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a estimé que cette fermeture stigmatise injustement la communauté musulmane. Toutefois, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a justifié la décision en insistant sur la nécessité de « protéger la République contre ceux qui veulent la détruire de l'intérieur ». Il a également annoncé que les fidèles pourront se tourner vers d'autres mosquées du secteur, dont la gestion sera contrôlée.
Impact sur le quartier
La mosquée, située dans le quartier du Vieux-Pays, est fréquentée par environ 500 fidèles. Sa fermeture suscite l'inquiétude parmi les riverains, qui redoutent des tensions communautaires. Une réunion publique doit être organisée par la mairie pour apaiser les esprits. Par ailleurs, une enquête judiciaire a été ouverte pour identifier les auteurs des prêches litigieux, qui encourent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.



