Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé ce lundi 29 juin sur franceinfo son intention d'organiser un « voyage d'études » en Espagne avec les partenaires sociaux. L'objectif est de comprendre comment la société espagnole s'est adaptée aux épisodes de chaleur extrême, alors que près de 80 % de la population française a été touchée par la récente vague caniculaire. « La France en été devient l'Espagne », a-t-il déclaré, appelant à une adaptation similaire.
Un voyage de deux à trois jours
Ce déplacement, qui devrait durer deux à trois jours, réunira le ministre et les représentants des syndicats et du patronat. Il s'agira d'étudier des mesures concrètes mises en place en Espagne, comme la journée continue, qui permet de décaler les horaires de travail de 8 heures à 15 heures entre juin et septembre. « Il faut aller comprendre comment ça marche, comment ils ont pris ces décisions, qu'est-ce que ça donne, est-ce qu'ils sont satisfaits des résultats », a expliqué Jean-Pierre Farandou. Il a souligné qu'à Madrid, avec 40 degrés, la société fonctionne.
Les Espagnols ont également intégré dans leurs conventions collectives la possibilité de suspendre le travail pendant les heures les plus chaudes en période de canicule, notamment dans le secteur du BTP. Le ministre a plaidé pour que de telles dispositions soient inscrites dans les conventions collectives en France, afin que « tout le monde le saurait », salariés, entreprises et donneurs d'ordre.
Anticiper les prochaines crises
En amont de ce voyage, le ministre a appelé les Français à s'adapter à des « canicules plus longues qui démarrent plus tôt » dans l'année. Il a également évoqué la nécessité de discuter de nombreuses « composantes de la société » à l'automne avec un groupe paritaire, incluant les partenaires sociaux. L'objectif est d'anticiper les prochaines crises et d'éviter l'annulation d'événements tels que des finales sportives ou des festivals en raison des fortes chaleurs. « Et ensuite chaque secteur, chaque branche professionnelle, devra s'emparer du sujet et réfléchir », a-t-il annoncé.
Pas de seuil de température
Jean-Pierre Farandou s'est toutefois prononcé contre l'instauration d'un seuil de température au-delà duquel le travail serait stoppé, ainsi que contre l'idée d'un congé climatique. « On ne peut pas arrêter le pays quand il fait chaud. À 30 degrés, la France sait fonctionner », a-t-il argué. En un mois, 2 600 contrôles ont été réalisés par l'inspection du travail pour vérifier le respect des obligations des employeurs dans les zones en vigilance canicule, notamment l'adaptation des horaires, les pauses plus fréquentes et l'accès à de l'eau, conformément au décret de 2025. Ces contrôles ont donné lieu à 227 mises en demeure, a précisé le ministre. Les entreprises qui ne se conforment pas « seront sanctionnées », a-t-il promis.



