Alors que des sanctions sont attendues de la part de l'Arcom, le Rassemblement national (RN) et la chaîne CNews multiplient les déclarations pour se poser en victimes d'une prétendue censure politique. Selon des sources proches du dossier, le gendarme de l'audiovisuel pourrait infliger des amendes ou des avertissements à CNews pour manquements à l'honnêteté et à la pluralité de l'information, tandis que le RN risque une baisse de ses dotations publiques pour des propos jugés discriminatoires.
Les accusations de partialité
Le RN dénonce une « instrumentalisation politique » de l'Arcom. Marine Le Pen a déclaré : « On veut faire taire les voix qui dérangent le système. » De son côté, la direction de CNews estime que ces sanctions sont « une attaque contre la liberté d'expression » et une tentative de museler un média qui « ose donner la parole à des opinions divergentes ». Ces arguments sont repris en boucle sur les réseaux sociaux par les soutiens du parti d'extrême droite.
Les faits reprochés
L'Arcom reproche à CNews plusieurs séquences où des chroniqueurs auraient tenu des propos contraires à l'obligation d'honnêteté et de rigueur de l'information. Selon un rapport interne, 12 émissions seraient concernées, dont certaines ayant abordé l'immigration ou l'islam. Quant au RN, la commission des comptes de campagne lui réclame 2,5 millions d'euros pour des irrégularités dans le financement de sa campagne présidentielle de 2022, et une possible sanction pénale est évoquée.
Une stratégie de victimisation
Pour plusieurs observateurs, cette posture de victime est une stratégie classique du RN et de ses alliés médiatiques. « En se présentant comme persécutés, ils cherchent à galvaniser leur base et à discréditer les institutions », analyse un politologue. Le timing est d'autant plus significatif que ces annonces interviennent à quelques semaines des élections européennes, où le RN espère capitaliser sur ce sentiment d'injustice.
Les réactions politiques
Du côté de la majorité, on dénonce une « manipulation ». Le porte-parole du gouvernement a estimé que « le RN et CNews confondent liberté d'expression et impunité ». Des associations de lutte contre le racisme et les discriminations saluent les sanctions à venir, estimant qu'elles sont nécessaires pour « rappeler les règles du jeu démocratique ». Le débat promet d'être vif dans les prochains jours, alors que l'Arcom doit rendre ses décisions sous peu.



