Les États-Unis célèbrent ce samedi leurs 250 ans, un jalon historique atteint dans un contexte de profondes divisions politiques et d'une vague de chaleur suffocante. Donald Trump, bien décidé à s'attribuer le premier rôle, transforme cet anniversaire en une célébration de sa propre personne.
Une chaleur record perturbe les festivités
À Washington, des températures jusqu'à 38 °C sont annoncées, avec une chaleur ressentie atteignant près de 43 °C en raison de l'humidité. Le traditionnel défilé du 4 juillet prévu samedi matin dans la capitale fédérale a été annulé en raison de ce risque de chaleur extrême, ont annoncé les organisateurs. Cette touffeur attendue n'a pas découragé Donald Trump, qui a maintenu ses plans.
Un meeting politique aux allures de campagne électorale
Le président américain doit tenir ce samedi soir un meeting politique sur l'immense esplanade verte du National Mall, au cœur de Washington, avant ce qu'il vante comme le plus grand feu d'artifice au monde : 850 000 fusées pendant quarante minutes. « Il va faire environ 107 °F [41 °C] et je vais faire un discours vraiment long - juste pour montrer que je peux tout faire », a-t-il lancé dans la semaine. Il a aussi promis survols aériens et fanfares militaires pour interpréter des musiques patriotiques, classiques américains, « ainsi que ma playlist ».
Un discours ultra-patriotique au Mont Rushmore
À la veille de la fête nationale, vendredi soir, au pied de l'emblématique Mont Rushmore (nord), Donald Trump a affirmé que l'identité américaine subissait une « nouvelle offensive » venant de « radicaux et d'extrémistes ». Dans un discours ultra-patriotique, il a dressé le portrait du « miracle » américain et tressé des lauriers à quatre de ses prédécesseurs à la présidence : George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt.
Dénonciation des « radicaux » et « extrémistes »
Trump a également alerté sur « une résurgence de la menace communiste sur notre sol », une rhétorique qu'il utilise à répétition à l'approche des élections cruciales de mi-mandat début novembre, après une série de victoires de candidats de l'aile gauche du parti démocrate dans des primaires. Les républicains craignent que l'impopularité du président leur coûte le contrôle du Congrès.
Donald Trump a évoqué « des radicaux et des extrémistes » qui « s'en prennent à notre incroyable histoire à la moindre occasion » et une « tentative indéniable de nous faire perdre notre esprit américain ». Il y a une dizaine de jours, le président républicain s'est déjà invité sur le Mall de la capitale dans le cadre des festivités des 250 ans, à la veille de l'ouverture de sa « grande foire ». Depuis, elle brille surtout par ses visiteurs clairsemés et ses stands vides.
Un pays divisé sur ses idéaux
Au moment où le pays se souvient de ses deux siècles et demi d'histoire, de triomphes et de tragédies, d'esclavage et de liberté, de guerre civile et de guerres mondiales, un récent sondage de l'université Quinnipiac montre que 61 % des Américains estiment que les États-Unis ne sont pas à la hauteur des idéaux énoncés dans la Déclaration d'indépendance de 1776. « J'en ai ras le bol de la manière dont ce pays traite les gens. Ras-le-bol de la manière dont ce pays traite ses voisins. Ras-le-bol de tout un tas de choses », peste Johnny Presley, artiste installé à Los Angeles.



