Onze listes, une gauche et une droite divisées, un RN en embuscade… « Le scrutin s’annonce indécis », prophétise le politologue Michel Crespy pour évoquer les sénatoriales dans l’Hérault. Quatre sièges sont à pourvoir et 2 729 grands électeurs seront appelés aux urnes.
Une gauche éclatée entre plusieurs candidatures
Premier enseignement : deux sénateurs sortants de gauche ne rempilent pas : Christian Bilhac (PRG) et Henri Cabanel (PS dissident). Hussein Bourgi (PS), lui, repart et, fort du soutien du maire et président de la Métropole de Montpellier Michaël Delafosse, fait figure de favori pour sa réélection. Pour le reste, il faudrait une boule de cristal pour prédire qui décrochera les trois autres fauteuils, tant les candidatures se bousculent.
À gauche, la bataille des fauteuils s'annonce rude. Le candidat du président du Département Kléber Mesquida, le maire de Lunas Aurélien Manenc, pourrait créer la surprise. Mais ce serait probablement au détriment de Julie Frêche, vice-présidente de la Métropole et deuxième sur la liste de Bourgi. La conseillère régionale Florence Brutus (PRG) espère, elle, récupérer le siège de Christian Bilhac, tandis qu’Audrey Imbert (DVG), ancienne membre de la majorité départementale, part sans l’aval de Kléber Mesquida. Alexia Laforge (LFI) et Agnès Gizard-Carlin (Les Écologistes) devraient également capter une partie des voix.
À droite, la guerre des chefs
La droite, pourtant en progression lors des municipales, est tout aussi émiettée. Le sortant Jean-Pierre Grand repart sous la bannière Horizons, avec l’ex-ministre Patricia Mirallès. Mais il devra composer avec Joseph Francis (UDI), soutenu notamment par les maires de Lunel, Pérols et Castelnau-le-Lez, cet ancien fief de Grand passé à l’ennemi. L’ancien capitaine d’industrie, qui avait manqué de peu son élection au Sénat en 2020, pourrait cette fois transformer l’essai. Il lui faudra toutefois compter avec Alain Berthet, investi par Les Républicains.
Le RN peut-il jouer les trouble-fêtes ?
Reste un autre acteur de cette équation : Manon Bouquin, candidate du RN après le retrait, pour raisons de santé, du Sétois Sébastien Pacull. Le parti espère capitaliser sur sa progression lors des municipales et sur un nombre de grands électeurs en hausse. Suffisant pour décrocher un fauteuil ? Comptablement non, mais la fragmentation des autres camps pourrait lui ouvrir une brèche.
Autre outsider à surveiller : Malik Hamadache (Nouvelle Énergie), candidat du maire de Cannes et présidentiable David Lisnard, qui espère notamment s’appuyer sur les grands électeurs du Biterrois. De quoi rendre les pronostics particulièrement périlleux jusqu’au 27 septembre.



