Le diesel ne représente plus que 2,6 % des immatriculations de voitures neuves au premier semestre 2026, selon les données du marché. Ce déclin, amorcé en 2012, a été accéléré par le scandale du Dieselgate, le durcissement des réglementations et l'essor des zones à faibles émissions (ZFE). Pourtant, sur les 40 millions de voitures en circulation en France, 45 % carburent encore au gazole.
Un déclin accéléré par Dieselgate et les ZFE
En 2012, le diesel pesait 72,9 % du marché des véhicules neufs, son apogée. L'année suivante, il a commencé à chuter. « Le scandale du Dieselgate en 2015 a déjà engendré beaucoup de méfiance chez le consommateur », explique Romain Boscher, directeur général d'Aramisauto. « Il y a eu également un durcissement de la réglementation et la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE). Et un choix aussi des constructeurs d'abandonner progressivement le diesel. »
Sur le marché du neuf, le diesel ne pèse aujourd'hui plus rien avec seulement 2,6 % des immatriculations de voitures neuves au premier semestre 2026. « Même s'il baisse considérablement, le diesel est toujours une réalité et il reste dominant dans le parc automobile », confirme Jonathan Luck, fondateur du comparateur automobile Caroom.
Le diesel a perdu son avantage prix sur l'essence
Le gazole est désormais plus cher que l'essence à la pompe, avec un prix du litre qui a dépassé les 2,30 euros. « Le diesel avait cet avantage sur l'essence mais il l'a perdu et cela risque de durer », souligne Romain Boscher. Les ventes de diesel de seconde main ont dégringolé de plus de 12 % en juin. « Les ventes de véhicules diesel sont passées chez nous de 25 % à moins de 10 %, détaille Romain Boscher. La baisse est aussi marquée pour les véhicules essence au profit des modèles hybrides et électriques. »
Toujours rentable pour les gros rouleurs
Pour certains, le diesel reste imbattable. « Il y aura toujours une clientèle pour le diesel, assure Franck Follet, directeur marketing du groupe Sofipel, qui gère huit points de vente de véhicules d'occasion J.Bervas dans le Grand Ouest. Tout le monde n'habite pas dans des zones urbanisées et dans celles où nous sommes implantés, les gens doivent souvent faire des distances importantes pour aller travailler. Donc le diesel, qui consomme moins que l'essence et donc plus économique, correspond bien aux besoins de certains. »
C'est particulièrement vrai pour les gros rouleurs qui peuvent avaler jusqu'à 30.000 kilomètres par an. « C'est pareil pour ceux qui tractent aussi régulièrement une caravane ou une remorque car un moteur diesel développe plus de couple », abonde Jonathan Luck.
D'un marché de masse à un marché de niche
Chez Aramisauto, on observe aussi une autre clientèle pour le diesel, dont le parc est de plus en plus vieillissant. « En quinze ans, le prix moyen d'une voiture neuve a grimpé d'environ 80 % alors que le pouvoir d'achat a simplement progressé d'un peu plus de 10 %, explique Romain Boscher. Donc ceux qui ont un budget serré peuvent être tentés de se tourner vers un vieux véhicule diesel d'occasion comme solution de repli budgétaire. »
Si le diesel d'occasion n'est donc pas mort, sa disparition progressive semble toutefois inéluctable. « Comme les ventes de voitures neuves se sont effondrées, l'offre en occasion va mécaniquement et progressivement se tarir, souligne le directeur général d'Aramisauto. On va donc passer d'un marché de masse à un marché de niche. »



