Sanjay Sah, un ouvrier népalais de 30 ans, a survécu dix jours dans l'obscurité totale d'un tunnel inondé après la crue meurtrière du 26 août, en buvant de l'eau boueuse et en priant. Il a été secouru le 4 septembre, et son histoire a été rapportée par l'AFP le 13 septembre 2026.
Un calvaire de dix jours dans les ténèbres
Employé sur un chantier de barrage hydroélectrique dans l'extrême nord du Népal, à la frontière avec la Chine, Sanjay Sah a été piégé lorsque la gigantesque vague d'eau glacée, de boue et de débris a déferlé le 26 août. Comme des centaines d'autres ouvriers, il s'est retrouvé prisonnier du tunnel englouti. Lorsqu'il a enfin été arraché au boyau de boue, sa première question a été : « ça fait combien de jours ? » « On m'a répondu que cela faisait dix jours, je pensais qu'il ne s'en était écoulé que quelques-uns », raconte-t-il à l'AFP.
Le bilan provisoire de la catastrophe s'élève à 1.386 morts et 5.130 disparus côté népalais, selon les autorités. Sanjay Sah est l'un des rares à avoir survécu plusieurs jours sous la mer de boue et de décombres.
La foi et un compagnon d'infortune
Dans sa lutte pour la survie, Sanjay Sah a pu compter sur le soutien d'un autre ouvrier, Kabir Maharjan, 45 ans, bloqué à quelques mètres de lui mais vivant. « Nous étions séparés mais nous nous parlions », explique-t-il. Sans eau potable, il a dû se contenter de l'eau boueuse du tunnel : « Il y avait de l'eau, mais elle était boueuse. Je n'avais que ça. »
« J'ai survécu grâce à ma foi profonde et à ma confiance », assure-t-il. « Je récitals le Maha Mantra (prières hindoues) et l'énergie divine que j'ai reçue m'a permis de ne pas avoir peur, ni de désespérer », confie le trentenaire.
Un sauvetage miraculeux et des sentiments mitigés
Après avoir creusé sans relâche pendant des jours, les équipes de secours ont finalement réussi à rejoindre les deux hommes et à les sortir de leur piège. L'épouse de M. Sah, Lakshmi Kumari Sah, affirme avoir toujours cru à cette fin heureuse : « Dieu nous a aidés, nous gardions espoir », raconte-t-elle, sa fille dans ses bras.
Hospitalisé plusieurs jours à Katmandou avant de rentrer dans son village, M. Sah ne cache pas éprouver des sentiments mitigés sur son sauvetage : « Je suis heureux, mais je ressens aussi une profonde tristesse. J'ai eu la chance de survivre, comme si l'on m'avait offert une seconde vie. Mais beaucoup de nos amis étaient là-bas. »
Alors l'ouvrier implore le gouvernement de ne pas arrêter les recherches : « Il est encore possible de retrouver quelqu'un en vie », veut-il croire. « Ou alors simplement retrouver les corps de mes amis et de les rendre à leur famille. »



