Beaux-arts de Nîmes : Stéphane Ibars veut une école ouverte et ancrée
Beaux-arts de Nîmes : Stéphane Ibars veut une école ouverte

Stéphane Ibars, ancien directeur artistique de la Collection Lambert d'Avignon, a pris ses fonctions de directeur de l'École supérieure des beaux-arts de Nîmes. Avec 20 ans d'expérience dans le monde de l'art, il entend faire de l'école un lieu ancré dans son territoire et ouvert sur la création contemporaine. Il souhaite notamment développer les pratiques amateurs, renforcer la professionnalisation des étudiants et créer des partenariats avec les institutions culturelles de la ville.

Un parcours dédié à l'art et à la transmission

Stéphane Ibars a passé 20 ans à la Collection Lambert à Avignon, où il a dirigé la communication et la production avant de devenir directeur artistique et curateur, collaborateur privilégié du fondateur Éric Mézil. Il a également enseigné à l'université et dans des écoles d'art. Revenir à Nîmes est pour lui un retour aux sources : « C'est un luxe de revenir dans cet environnement. Les Cévennes, la Camargue, les joyaux de la ville depuis les vestiges jusqu'à Carré d'art en passant par le théâtre », confie-t-il.

Son approche a toujours été marquée par l'attention portée aux jeunes artistes et aux scènes émergentes locales. « Quand je suis arrivé dans ce milieu, la mode était d'aller chercher très loin dans le monde. Au contraire, j'ai vraiment eu à cœur de regarder ce qui se faisait en Paca, en Occitanie, de découvrir des belles écoles et des artistes de talent », explique-t-il. Cette expérience l'a convaincu que les écoles d'art sont des lieux essentiels pour l'invention et la création.

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Un projet ouvert, construit avec les acteurs locaux

Stéphane Ibars ne propose pas de plan préétabli : « Je n'ai pas de projet clé en main, mais des valeurs que j'ai envie de transmettre. » Il souhaite partir de l'existant et construire avec ceux qui font vivre l'école, en s'appuyant sur son histoire et ses figures marquantes comme Claude Viallat ou René Denizot. Son ambition est de faire de l'école un lieu « hospitalier » pour les habitants, en développant les pratiques amateurs et en organisant des workshops sur l'art contemporain.

Il veut également renforcer les liens avec les institutions culturelles de Nîmes : « On va travailler avec toutes les structures culturelles de la ville », affirme-t-il. Il cite notamment Carré d'art, le théâtre, le CACN, l'artist-run-space Pamela ou encore le musée des Beaux-arts. Il se réjouit de cette « vague de fraîcheur » que représente l'arrivée de nouveaux acteurs culturels dans la ville.

Une école à taille humaine, mais tournée vers l'international

L'école de Nîmes accueillera 150 étudiants l'année prochaine, un format que Stéphane Ibars juge idéal : « Ce format est bénit. Quand on regarde des grandes écoles comme Cal Arts ou Black Mountain College, ce n'étaient pas des mastodontes. L'art s'est inventé dans des écoles petites et moyennes. » Il compte mettre son carnet d'adresses international au service de l'école, en organisant des workshops, des conférences et des visites d'ateliers avec des artistes de renom.

La professionnalisation des étudiants sera un axe majeur : « C'est un saut dans le vide de sortir, de découvrir un monde financier, administratif, juridique qu'ils ne connaissent absolument pas », souligne-t-il. Il prévoit de créer un comité de professionnels pour accompagner les élèves dès le début de leur parcours, et non seulement en fin d'études. Il souhaite également travailler sur l'inclusion et la présence de l'école dans les quartiers périphériques, comme à Pissevin.

Enfin, la question du bâtiment et de sa végétalisation est déjà à l'ordre du jour. « Dès mon premier jour, le sujet est arrivé sur le tapis. Il va falloir trouver, avec la Ville, un moyen de transformer cet espace », indique-t-il. Stéphane Ibars veut mener ce projet collectivement avec les élèves et les enseignants, pour faire de l'école un lieu en phase avec les enjeux climatiques et sociétaux actuels.

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