Sénatoriales 06 : l'UDR-RN favorite, la droite se déchire
Sénatoriales 06 : l'UDR-RN favorite, la droite se déchire

Dimanche 27 septembre, 2 094 grands électeurs des Alpes-Maritimes sont appelés à élire cinq sénateurs. L'alliance UDR-RN, menée par Laurent Castillo, part favorite, mais la multiplication des listes de droite et de gauche rend le scrutin très incertain. Dominique Estrosi-Sassone, sénatrice sortante LR, joue sa survie politique.

Sept listes en lice, un paysage politique bouleversé

Sept listes ont été enregistrées en préfecture le vendredi 11 septembre à 18 heures. En 2020, la liste conduite par Dominique Estrosi-Sassone avait tout remporté avec 1 367 voix, soit 69,53 % des suffrages, loin devant Anne Sattonnet (divers droite, 209 voix), Alain Michellis (union de la gauche, 206) et Philippe Vardon (extrême droite, 146). Cette année, la donne a changé.

La victoire d'Éric Ciotti aux municipales de mars à Nice, et celles des députés RN Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer et Alexandra Masson à Menton, ont rebattu les cartes. Le collège électoral sénatorial est composé de conseillers municipaux, départementaux, régionaux, de parlementaires et de délégués désignés par les conseils municipaux. Pour espérer gagner un siège, il faut remporter entre 250 et 270 voix.

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L'UDR-RN en position de force, mais des fragilités

La liste « Le meilleur est à venir pour les Alpes-Maritimes », conduite par Laurent Castillo, 64 ans, professeur de médecine et député européen, est soutenue par Éric Ciotti. L'UDR vise trois sièges sur cinq, avec Laurent Castillo, Gaëlle Frontoni et Henri Leroy en tête de liste. Le RN est relégué en quatrième et cinquième positions, avec Sophie Eckenberg et Rafaël Quessada.

Ce scrutin est un test pour Éric Ciotti, qui veut peser au niveau national aux côtés de Marine Le Pen pour 2027. Ne faire que deux sièges serait un échec. Une soixantaine d'élus ont assisté à sa rentrée politique à Levens le 5 septembre, mais certains élus de la Tinée restent dubitatifs : « Éric Ciotti oui, mais Laurent Castillo, on ne le connaît pas », confient-ils. Éric Ciotti a dû multiplier les rencontres avec les grands électeurs pour combler ce déficit de notoriété.

La droite républicaine divisée, la gauche éclatée

Alexandra Borchio-Fontimp, sénatrice LR sortante, est quasi assurée de conserver son siège. Elle mène la liste « Ensemble pour les Alpes-Maritimes » avec Jean-Marc Délia et Patricia Demas, soutenue par David Lisnard, Jean Leonetti, Jérôme Viaud et Lionnel Luca. Elle pourrait même viser un second siège, au détriment d'Henri Leroy ou de Dominique Estrosi-Sassone.

Dominique Estrosi-Sassone, 67 ans, affaiblie par la défaite aux municipales, joue sa survie politique. Elle peut compter sur son expérience et son réseau, notamment dans le rural, mais aussi sur le soutien de Michèle Tabarot et de Philippe Tabarot. La liste de gauche PCF-PS « Ensemble vivons autrement les Alpes-Maritimes », menée par Francis Tujague, pourrait lui prendre des voix, tout comme celle de La France insoumise conduite par Adrien Nouet, ou celle de l'écologiste Jean-Christophe Picard.

La candidature de Livio Orsi, sur la liste « Unissons nos Communes pour la Paix », est incertaine : le tribunal administratif de Nice a prononcé son inéligibilité pour six mois en raison de dépenses de campagne irrégulières. Il a formé un recours, qu'il affirme suspensif. La préfecture précise qu'une analyse juridique est en cours et que l'arrêté fixant la liste des candidatures sera publié dans la semaine.

Scénarios probables et enjeux

Le scénario le plus probable est une répartition 3 sièges pour l'UDR, 1 pour Borchio-Fontimp et 1 pour Estrosi-Sassone. Mais d'autres configurations sont possibles : 2, 2, 1, ou 3, 2, 0, ou 2, 3, 0, ou 4, 1, 0. Les résultats seront dévoilés dimanche 27 septembre en fin de journée.

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