Le Rassemblement national peine à trouver une banque française pour financer sa campagne présidentielle
RN en quête d'une banque pour financer sa campagne présidentielle

Le Rassemblement national confronté à des refus bancaires pour sa campagne présidentielle

En pleine préparation de la prochaine élection présidentielle, le Rassemblement national se heurte à des difficultés inattendues dans la recherche de financements bancaires. Le parti d'extrême droite multiplie les démarches auprès des établissements français, mais essuie déjà plusieurs refus, selon les déclarations de son trésorier, Kevin Pfeffer.

Une quête difficile malgré des garanties solides

Le Rassemblement national cherche activement une banque susceptible de lui avancer les 10,7 millions d'euros correspondant au plafond de remboursement par l'État pour les candidats qualifiés au second tour. Cette somme représente un enjeu crucial pour le parti, qui ne dispose pas de capacité d'autofinancement suffisante.

Kevin Pfeffer a confirmé que plusieurs demandes avaient été déposées, mais que certaines banques françaises avaient déjà donné des « retours négatifs ». Parmi les établissements ayant refusé catégoriquement figurent la Société générale et La Banque postale, qui justifient leur position par une politique générale de non-financement de la vie politique.

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Des arguments de poids face aux réticences bancaires

Le trésorier du RN ne se décourage pas pour autant. Il met en avant plusieurs garanties que le parti peut offrir aux éventuels prêteurs :

  • Les sondages actuels placent Marine Le Pen ou Jordan Bardella largement au-dessus des 30% au premier tour
  • Le parti est assuré d'atteindre les 5% minimum requis pour le remboursement par l'État
  • La subvention publique annuelle du RN s'élève à près de 15 millions d'euros, soit plus que le montant du prêt demandé

« J'ai toujours dit que ce serait compliqué auprès des banques françaises », reconnaît Kevin Pfeffer, tout en ajoutant que « les discussions continuent » avec d'autres organismes.

Des alternatives européennes envisagées

Face aux réticences des établissements hexagonaux, le Rassemblement national explore activement des pistes à l'étranger. Le trésorier du parti a révélé que plusieurs dossiers avaient été déposés auprès de banques européennes, et que des discussions étaient en cours.

Cette stratégie n'est pas nouvelle pour le parti, qui avait déjà obtenu en 2022 un emprunt de 10,6 millions d'euros auprès d'une banque hongroise. « Si les banques françaises ne veulent pas jouer le jeu, on sera obligés d'aller chercher ailleurs », prévient Kevin Pfeffer.

Un désendettement en bonne voie

Parallèlement à cette recherche de financement, le Rassemblement national poursuit activement la réduction de sa dette. Celle-ci, qui s'élevait à près de 19 millions d'euros fin 2024, a été ramenée à environ 8,5 millions fin mars 2025.

Le plan de désendettement prévoit une réduction à 5 millions d'euros fin décembre 2025, avec pour objectif d'atteindre zéro dette en mars 2027, juste avant l'échéance présidentielle. Cette dette est quasi intégralement composée de prêts accordés par des particuliers.

Cette situation financière contraste avec la dynamique politique du parti, qui bénéficie selon les sondages d'une popularité croissante dans l'électorat français. La recherche d'un financement bancaire apparaît donc comme un paradoxe entre la force électorale affichée et les difficultés pratiques rencontrées dans la préparation de la campagne.

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