Le plan d'investissement France 2030, initialement prévu sur cinq ans, va être étalé sur deux à trois années supplémentaires, a confirmé Matignon ce mercredi. Cette décision fait suite à des contraintes budgétaires accrues, liées à la hausse des taux d'intérêt et à la nécessité de réduire le déficit public.
Un calendrier revu à la hausse
Présenté en octobre 2021 par le président de la République, France 2030 vise à investir 54 milliards d'euros dans des secteurs clés comme l'énergie, la santé, le numérique ou l'aérospatial. Mais le gouvernement a dû revoir son calendrier : les crédits seront désormais déployés sur sept à huit ans, contre cinq initialement. « Ce n'est pas un abandon, mais une adaptation aux réalités économiques », a déclaré le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse.
Des secteurs priorisés
Parmi les domaines touchés par ce rééchelonnement, la décarbonation de l'industrie et les technologies vertes restent prioritaires. En revanche, certains projets dans l'hydrogène ou les biotechnologies pourraient voir leurs enveloppes réduites. Selon le cabinet du Premier ministre, environ 10 milliards d'euros seront reportés après 2028, soit près de 20 % du total. « Nous devons faire des choix pour maintenir l'ambition tout en respectant nos engagements européens », a ajouté le ministre.
Réactions des acteurs économiques
Les fédérations industrielles ont exprimé leur déception. Patrick Martin, président du Medef, a estimé que « cet étalement risque de freiner les investissements privés ». Du côté des oppositions, la députée écologiste Sandrine Rousseau a dénoncé « un renoncement de plus face à la crise climatique ». Le gouvernement assure néanmoins que les objectifs de souveraineté et de transition écologique restent inchangés.
Le plan France 2030, qui a déjà engagé 15 milliards d'euros depuis son lancement, doit maintenant composer avec une contrainte de 300 milliards d'euros d'économies d'ici 2027 annoncée par Bercy. Cette annonce intervient alors que la France fait face à une procédure pour déficit excessif de la part de la Commission européenne.



