Parfums du pouvoir : de Versailles à Macron
Parfums du pouvoir : de Versailles à Macron

Le parfum n'est pas qu'un simple accessoire de beauté : c'est un instrument de pouvoir. De la cour de Versailles à l'Élysée, les fragrances ont toujours accompagné les souverains et les chefs d'État français. Une histoire olfactive qui révèle les codes et les stratégies du pouvoir.

Versailles, la cour parfumée

À la cour de Louis XIV, le parfum est omniprésent. Le Roi-Soleil, loin de l'image d'Épinal d'un monarque qui ne se lavait pas, utilisait abondamment les fragrances pour masquer les odeurs corporelles et affirmer sa présence. Les courtisans, pour lui plaire, se parfumaient également, créant une atmosphère sensorielle unique à Versailles. Les gants parfumés, les peaux d'Espagne et les essences florales étaient monnaie courante.

Cette tradition se perpétue sous Louis XV, dont la maîtresse, Madame de Pompadour, était une grande consommatrice de parfums. Elle fit même installer un atelier de parfumerie à Versailles. Le pouvoir se lit aussi dans le choix des senteurs : les notes nobles comme la rose, le jasmin ou l'iris étaient réservées à l'élite.

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De l'Empire à la République

Napoléon Bonaparte, lui, préférait l'eau de Cologne. Il en utilisait des quantités industrielles, jusqu'à plusieurs flacons par jour. Pour lui, le parfum était un stimulant et un moyen de laisser une trace. Sous la IIIe République, les présidents se font plus discrets, mais le parfum reste un marqueur social. On se souvient que le général de Gaulle, lui, n'était pas particulièrement adepte des fragrances, mais il appréciait l'eau de toilette discrète.

Aujourd'hui, Emmanuel Macron s'inscrit dans cette lignée. Selon plusieurs sources, il utilise un parfum sur mesure, créé pour lui par un grand nez français. Ce choix n'est pas anodin : il s'agit de projeter une image de modernité et de raffinement. En 2018, lors d'une interview, Brigitte Macron avait révélé que son mari utilisait une fragrance particulière, mais sans en dévoiler la composition. Ce mystère participe à la construction de son image.

Le parfum, outil de communication politique

Le parfum est devenu un outil de communication à part entière. Les chefs d'État l'utilisent pour marquer leur passage, comme le rappelle l'historien Éric Szij, spécialiste des sensibilités olfactives : « Le parfum est un signe de pouvoir, il permet d'occuper l'espace de manière subtile. » Cette stratégie est particulièrement visible lors des sommets internationaux, où chaque leader laisse sa signature olfactive.

Mais le parfum peut aussi être un piège. En 2019, lors d'un G7, une rumeur avait circulé sur un parfum « trop fort » porté par un dirigeant, ce qui avait provoqué des moqueries. D'où l'importance du dosage et du choix des notes. Les conseillers en image veillent à ce que la fragrance soit en adéquation avec les valeurs que le chef de l'État veut incarner : puissance, sobriété, ouverture.

Un héritage français

La France est la patrie de la parfumerie, et cela se reflète dans la politique. Les grandes maisons comme Guerlain, Chanel ou Dior sont souvent sollicitées pour créer des fragrances officielles. En 2020, le Palais de l'Élysée a même lancé un parfum d'ambiance, « L'Élysée », pour marquer les visiteurs. Une manière de prolonger l'expérience du pouvoir au-delà de la vue et de l'ouïe.

Au-delà de l'anecdote, cette histoire du parfum et du pouvoir montre comment les sens sont utilisés pour asseoir l'autorité. Comme le souligne l'historienne Marie-Christine Grasse, « le parfum est un marqueur de distinction sociale et politique ». De Louis XIV à Emmanuel Macron, la France a fait du parfum un attribut du pouvoir, une tradition qui perdure et se réinvente.

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