Mélenchon intensifie ses attaques contre les médias à Lyon
Jean-Luc Mélenchon a persisté dans ses critiques envers les médias, les qualifiant de « croûtons » lors d'un meeting de soutien aux élections municipales à Lyon. Le leader de La France insoumise, dont les relations avec la presse se sont dégradées depuis la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, a de nouveau pris pour cible les journalistes pendant près d'une heure au début de son intervention.
Une stratégie de communication sélective assumée
En visant spécifiquement « les croûtons » et « la vieille presse indignée », le triple candidat à la présidentielle a défendu sa récente conférence de presse réservée aux nouveaux médias numériques, souvent orientés à gauche. De nombreux médias nationaux, dont Libération et LCI, n'ont pas obtenu d'accréditation pour cet événement. « Nous ne renoncerons pas à trier les médias », a affirmé Mélenchon, ajoutant que ses camarades organiseraient des conférences de presse en invitant qui ils souhaitent.
Un ton sarcastique et des huées envers les médias traditionnels
Avec un ton empreint de sarcasme, le chef de file de LFI a salué individuellement les nombreux médias accrédités pour le meeting du jeudi soir, sous les applaudissements et les huées des quelque 2 000 militants présents à la Bourse du Travail de Lyon. Mélenchon s'en est particulièrement pris à BFMTV, qui diffusait le meeting contre sa volonté, malgré qu'il en ait été prévenu. Il a exhorté les téléspectateurs de la chaîne d'information en continu à suivre plutôt son allocution sur sa propre chaîne YouTube, lançant un cinglant « Foutez-moi la paix ».
Il a également exprimé sa sympathie pour les influenceurs et créateurs de journaux numériques, déclarant : « Les gens qui sont influenceurs et qui font eux-mêmes des journaux numériques [...] d'avance j'ai de la sympathie pour eux », tout en qualifiant les journalistes traditionnels de « menteurs ».
LFI face à la tempête politique et médiatique
Les Insoumis naviguent dans une période de turbulence politique et médiatique, accentuée par l'arrestation et la mise en examen pour « complicité de meurtre » de Jacques-Elie Favrot. Ce dernier était collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, co-fondateur du mouvement antifasciste de la Jeune Garde, au moment du décès de Quentin Deranque. En réponse, La France insoumise a adopté une posture offensive, reprochant à ses adversaires de lancer des accusations irresponsables et aux journalistes d'offrir une caisse de résonance disproportionnée. Le mouvement dénonce notamment des « garde-à-vue médiatiques » lors de ses passages sur les plateaux de télévision et à la radio.
Cette escalade verbale illustre la fracture croissante entre Mélenchon et les médias traditionnels, dans un contexte où LFI cherche à contrôler davantage sa communication et à privilégier les canaux numériques alternatifs.



