Dans un éditorial incisif, le magazine Le Point affirme que la France est en train de glisser inexorablement vers un « communisme mou ». Cette thèse, provocatrice, s'appuie sur une analyse des politiques économiques et sociales menées depuis plusieurs années, marquées par une intervention croissante de l'État dans l'économie et la vie quotidienne.
Une hausse continue des dépenses publiques
L'article rappelle que les dépenses publiques françaises représentent désormais 58 % du produit intérieur brut (PIB), un record parmi les pays développés. Selon l'auteur, cette progression constante — elle était de 45 % dans les années 1970 — traduit une volonté délibérée de l'État de contrôler toujours davantage la production et la répartition des richesses. « Nous assistons à une reprise en main discrète mais systématique des leviers économiques par les pouvoirs publics », écrit-il.
Un contrôle accru sur les entreprises et les individus
L'éditorial pointe également la multiplication des réglementations et des contraintes administratives qui pèsent sur les entreprises. La France compte plus de 400 000 normes, ce qui freine l'initiative privée et l'investissement. Parallèlement, l'État étend son emprise sur des secteurs entiers via des nationalisations rampantes ou des prises de participation, comme dans l'énergie, les transports ou les banques. « On remplace la concurrence par des monopoles publics ou des oligopoles contrôlés », dénonce le texte.
Une diminution des libertés économiques
L'auteur estime que ce mouvement s'accompagne d'une réduction des libertés économiques fondamentales : liberté d'entreprendre, de contracter, de fixer les prix. Il cite l'exemple des blocages sur les prix de l'énergie ou des loyers, mais aussi les aides sociales conditionnées à des obligations de formation ou de recherche d'emploi. « On habitue les citoyens à dépendre de l'État, ce qui est l'essence même du communisme, fût-il mou », affirme-t-il.
Des conséquences sur la croissance et l'emploi
Le bilan de cette dérive, selon l'éditorial, est une croissance atone et un chômage persistant. La France affiche un taux de chômage de 7,5 % (fin 2024), supérieur à la moyenne de la zone euro. Les créations d'entreprises, bien qu'en hausse nominale, sont souvent des micro-entreprises sans réelle capacité d'innovation. « Le communisme mou asphyxie l'initiative et l'audace, remplacées par le confort administratif et la rente », conclut l'auteur.
Un appel à la prise de conscience
En conclusion, Le Point appelle les Français à prendre conscience de cette évolution et à exiger un retour à une économie de marché authentique, fondée sur la responsabilité individuelle et la concurrence loyale. « Il est encore temps d'inverser la tendance, mais il faut agir vite », termine l'éditorial.



