La préfecture de Seine-Saint-Denis a notifié le 15 juillet 2026 à l'association gérant la mosquée Al-Houda à Aulnay-sous-Bois une procédure de fermeture administrative pour une durée de six mois. Selon le préfet Jacques Witkowski, cette décision fait suite à des signalements des services de renseignement faisant état « de prêches incitant à la haine et de la tenue de réunions non déclarées ».
Des manquements à la loi séparatisme
L'arrêté préfectoral, consulté par Le Monde, mentionne plusieurs séances de prêche entre mars et juin 2026 où l'imam aurait mis en cause la laïcité et appelé à ne pas respecter les lois de la République. La préfecture s'appuie sur l'article 40 de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes républicains, qui permet de fermer un lieu de culte en cas de troubles graves à l'ordre public.
« Ces propos, corroborés par des enregistrements audio, constituent une provocation à la discrimination et à la haine », écrit le préfet dans son arrêté. L'association, représentée par Maître Sarah Benichou, conteste fermement les faits et a saisi le tribunal administratif de Montreuil pour demander la suspension de la mesure.
Une mosquée sous surveillance depuis 2024
La mosquée Al-Houda, située dans le quartier des Trois-Communes, était déjà sous surveillance accrue depuis deux ans. En novembre 2024, une perquisition avait permis de saisir des documents qualifiés de « subversifs » par la police. Selon une source proche du dossier, environ 500 fidèles fréquentent régulièrement le lieu, et aucune interpellation n'a eu lieu lors des dernières opérations.
« Notre mosquée est un lieu de prière paisible, ouvert à tous. Ces accusations sont infondées et visent à stigmatiser la communauté musulmane », a déclaré le président de l'association, Mohamed K. Le conseil régional du culte musulman de Seine-Saint-Denis a appelé à un dialogue avec la préfecture pour éviter l'escalade.
Un précédent dans le département
Ce n'est pas la première fois que la préfecture de Seine-Saint-Denis actionne ce dispositif. En février 2025, une mosquée à Saint-Denis avait été fermée pour six mois après des prêches radicaux. Le tribunal administratif avait confirmé la mesure. Selon le ministère de l'Intérieur, 18 lieux de culte ont été fermés en France depuis 2021 dans le cadre de la loi séparatisme, dont 5 en Seine-Saint-Denis.
L'audience au tribunal administratif est prévue pour le 12 août 2026. D'ici là, la mosquée reste ouverte, mais sous étroite surveillance des forces de l'ordre. La décision de la préfecture intervient dans un contexte de tensions autour de la laïcité et de la liberté religieuse, régulièrement débattues dans l'espace public.



