Alors que la saison des incendies s'annonce particulièrement intense, un collectif d'élus locaux et de représentants des sapeurs-pompiers a interpellé le gouvernement ce jeudi 30 juillet 2026. Dans un communiqué commun, ils demandent la concrétisation immédiate des engagements pris lors du Beauvau de la sécurité civile, lancé en 2023. Selon eux, seules 30 % des 80 mesures annoncées ont été effectivement mises en œuvre à ce jour.
Un bilan jugé insuffisant
Le Beauvau de la sécurité civile, initié après les mégafeux de 2022 en Gironde, devait moderniser les moyens de lutte contre les incendies et renforcer les effectifs. Parmi les promesses figuraient le recrutement de 5 000 sapeurs-pompiers supplémentaires, l'acquisition de 300 nouveaux véhicules de secours, et la création d'une réserve citoyenne. Or, selon le collectif, seuls 1 200 pompiers ont été recrutés et 80 véhicules livrés.
"Nous ne pouvons plus attendre. Les feux de forêt de l'été 2025 ont détruit 15 000 hectares dans le seul sud-est de la France. Sans une accélération des réformes, nous allons droit à une catastrophe humaine et écologique", a déclaré le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF).
Des moyens aériens toujours insuffisants
La flotte de bombardiers d'eau, point faible récurrent, n'a été renouvelée qu'à hauteur de 20 % selon les annonces. Le collectif demande l'achat urgent de 10 Canadair supplémentaires, alors que la France en compte actuellement 12 opérationnels. En parallèle, les élus réclament un plan national de prévention incluant des débroussaillages obligatoires étendus et la mise en place d'une cellule interministérielle dédiée.
Le ministère de l'Intérieur, contacté, assure que "le calendrier de mise en œuvre se poursuit" et que "les crédits pour 2026 sont en hausse de 150 millions d'euros". Une réponse qui n'a pas apaisé les critiques. "Des crédits, c'est bien, mais il faut des actes concrets sur le terrain, avec des formations et des équipements livrés en temps utile", rétorque une porte-parole de l'Association des maires de France (AMF).
Une mobilisation citoyenne en attente
Autre mesure phare du Beauvau : la création d'une réserve de sécurité civile, calquée sur la réserve militaire. Celle-ci devait permettre de mobiliser 10 000 volontaires d'ici 2025. Or, seuls 2 500 sont inscrits, faute de campagnes de recrutement et de formations accessibles. "Les gens sont prêts à s'engager, mais on ne leur donne pas les moyens de le faire", déplore un responsable départemental de la sécurité civile.
Face à l'urgence, le collectif annonce une rencontre avec le Premier ministre dans les quinze jours. En cas de nouveau rendez-vous manqué, des manifestations de pompiers sont envisagées partout en France. L'été 2026 s'annonce décisif pour la crédibilité de l'État face aux risques climatiques.



