Incendie en Gironde : 144 000 personnes autorisées à rentrer, l'A63 rouvre
Incendie Gironde : 144 000 retours autorisés, A63 rouvre

Retour progressif des évacués en Gironde

Huit jours après le déclenchement du gigantesque incendie qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde, les conditions météorologiques redeviennent enfin favorables. Malgré des reprises de feu localisées ces dernières 48 heures, notamment mercredi à Lanton le long du bassin d'Arcachon, la situation s'améliore. Ce jeudi, la préfecture a autorisé 84 000 nouvelles personnes à rentrer « immédiatement » chez elles et a annoncé la réouverture de l'autoroute A63.

Sont concernés les habitants de neuf communes du nord-ouest au sud de Bordeaux : Mios, Le Barp, Cestas, Saint-Jean-d'Illac, Martignas-sur-Jalle, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin de Médoc, Salaunes et Sainte-Hélène. Mercredi, les habitants du Haillan, d'Eysines et de Mérignac (partiellement évacués) avaient déjà été autorisés à rentrer. Au total, 144 000 personnes sur les 220 000 évacuées ont donc pu regagner leur domicile.

Les communes du bassin d'Arcachon toujours en attente

En revanche, dans les communes du bassin d'Arcachon touchées par les évacuations – Biganos, Audenge, Lanton, Andernos, Arès ou encore Lège-Cap-Ferret –, les habitants doivent encore patienter. La traversée de ces villes fantômes, d'ordinaire animées en cette fin juillet, rappelle l'ambiance des confinements passés. À Audenge, la maire Nathalie Le Yondre a profité de la visite de la préfète Sophie Brocas et du directeur du Sdis de la Gironde, Marc Vermeulen, ce jeudi à Lège-Cap-Ferret, pour tenter d'accélérer le calendrier. « Nous voudrions savoir si notre population pourrait revenir, au moins par secteurs, à partir de vendredi ? », a-t-elle demandé.

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Le directeur du Sdis a toutefois répondu qu'il était trop tôt : « Je propose que l'on continue à bien refroidir la zone avant de prendre toute décision. Il faut vraiment que l'on soit en sécurité. » Pas de feu vert, mais un feu orange : l'élue est invitée à préparer ses services. « On va donc s'organiser pour préparer un retour à une vie normale », assure Nathalie Le Yondre, qui est en relation avec les services de l'État « depuis mercredi soir ». « Faire revenir les habitants, rouvrir une ville et ses services, cela demande un minimum de préparation. Il faut anticiper. »

Un traumatisme pour les habitants

Quelque 10 000 habitants et 2 000 vacanciers d'un camping ont été évacués d'Audenge face à la menace de l'incendie qui avait atteint Lège, à quelques kilomètres plus au nord. « L'évacuation s'est plutôt bien passée même si cela reste un gros traumatisme que de quitter sa maison ou son lieu de vacances, accentué pour les personnes fragiles, les personnes âgées, les enfants. J'ai vu arriver des gens hagards », raconte Nathalie Le Yondre. Une fois le retour de tous les habitants acté, la municipalité assurera un suivi « particulier » des plus fragiles. « Nous avons déjà contacté plus de 2 000 personnes pour un accompagnement, et nous allons continuer à mettre en place un dispositif avec le centre communal d'action sociale, nos services, ainsi que des professionnels de santé, comme des psychologues, qui se sont proposés pour atténuer ces fragilités », précise-t-elle.

Ceux qui ont choisi de rester

Tous les habitants n'ont pas évacué. Comme dans chaque commune concernée, une poignée d'irréductibles a décidé de rester, comme Michel (le prénom a été modifié) rencontré dans le centre d'Audenge. « Je n'ai pas voulu partir parce que j'ai des animaux, explique-t-il. Ma voisine est restée aussi. Je ne me sentais pas en danger car le feu était quand même assez loin, et les vents étant rarement vers l'ouest, je considérais que je ne risquais pas grand-chose. J'ai fermé mes volets et personne n'est venu me demander de partir. »

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Plus près du front de l'incendie, le maire de Lège-Cap-Ferret, Philippe de Gonneville, se montre moins impatient. « Il y a des communes qui sont loin du front du feu, il est donc tout à fait légitime qu'elles demandent leur réouverture. Mais celles qui sont encore léchées par l'incendie doivent patienter ; l'enjeu de la sécurité des personnes est crucial, nous explique-t-il. Et je veux protéger au maximum les dix autres villages de ma presqu'île. » Certes, « celles et ceux qui sont loin de chez eux n'aspirent qu'à une chose : revenir dans leur foyer » consent-il. « Mais le feu a provoqué la destruction de 21 habitations et la destruction partielle de nombreuses autres sur ma commune, je ne souhaite pas qu'il y en ait d'autres. Dès que le feu sera fixé, je demanderai que les habitants puissent revenir. » De nombreux travaux ont lieu pour sécuriser la presqu'île du Cap Ferret, avec la création de pare-feux.