« C’est violent, c’est pourri » : à Saint-Denis, la guerre des gauches fait rage
Guerre des gauches à Saint-Denis : affrontements violents

« C’est violent, c’est pourri » : à Saint-Denis, la guerre des gauches fait rage

Depuis plusieurs mois, la deuxième ville d’Île-de-France est devenue un véritable théâtre d’affrontements politiques à gauche. Entre enjeux locaux et ambitions nationales, les insoumis et les communistes se sont alliés pour renverser le maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin, dans une bataille qui divise profondément la gauche dionysienne.

Une alliance stratégique pour reconquérir la mairie

En décembre 2025, après des mois de tractations, La France insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF) ont officialisé leur union pour les élections municipales des 15 et 22 mars. Leur objectif est clair : reconquérir la mairie de Saint-Denis, détenue par le Parti socialiste (PS) depuis 2020. Cette alliance, symbolisée par la liste « Ensemble, retrouvons l’espoir », marque un tournant dans la politique locale, où les fractures historiques resurgissent avec force.

La salle de la Légion d’honneur de Saint-Denis était comble le mardi 17 février, lors de la présentation du programme de cette coalition. Environ 500 Dionysiens ont acclamé Bally Bagayoko, candidat insoumis de 52 ans, surnommé « Bally » par ses partisans. La chanteuse Theodora a entonné « Ma salle est pleine à craquer et la tienne est vide… », une pique directe envers la majorité socialiste au pouvoir.

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Des tensions exacerbées par les enjeux nationaux

Eric Coquerel, député insoumis de la première circonscription de Seine-Saint-Denis, n’a pas manqué de tacler le maire sortant : « Vous êtes deux fois plus nombreux qu’à n’importe quel meeting d’Hanotin. » Assis à ses côtés, Stéphane Peu, député communiste du département, illustre la proximité entre les deux partis, au-delà d’un simple symbole. Cette union vise à capitaliser sur le mécontentement envers l’administration de Mathieu Hanotin, accusée de ne pas répondre aux attentes des habitants.

Mathieu Hanotin, ancien député et proche de Benoît Hamon, avait réalisé un tour de force en 2020 en s’emparant de l’Hôtel de Ville de Saint-Denis, un fief communiste depuis 1944. Six ans plus tard, à 47 ans, il lutte pour maintenir sa légitimité face à une opposition unie et déterminée. Les enjeux locaux, tels que la gestion urbaine et les services publics, se mêlent aux ambitions nationales des partis de gauche, créant un climat politique tendu et parfois violent.

Un contexte politique marqué par des divisions profondes

La guerre des gauches à Saint-Denis reflète les fractures plus larges au sein de la gauche française, où les stratégies électorales et les idéologies s’entrechoquent. Les insoumis et les communistes cherchent à rassembler les mécontents, tandis que le PS tente de défendre son bilan. Cette confrontation risque de laisser des traces durables dans le paysage politique local, avec des répercussions potentielles sur les futures élections nationales.

Les habitants de Saint-Denis, pris dans cette bataille, expriment souvent leur frustration face à des discours perçus comme « violents » et « pourris ». La campagne électorale s’annonce donc comme un test crucial pour l’avenir de la gauche dans cette ville emblématique de la banlieue parisienne.

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