La sénatrice Les Républicains sortante des Alpes-Maritimes, Dominique Estrosi-Sassone, a confirmé sa candidature à sa propre succession lors des élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Dans un entretien accordé à Nice-Matin, elle affirme incarner « une droite claire, fidèle et sans porosité avec l'UDR et le RN », fort d'un bilan de 12 ans au Sénat et d'une proximité revendiquée avec les maires des 163 communes du département.
Un paysage politique bouleversé par les municipales
Les élections municipales de mars 2026 ont profondément remodelé l'échiquier politique local. Nice est passée sous contrôle de l'UDR, tandis que Menton et Cagnes-sur-Mer ont basculé au RN. Cette poussée des « courants populistes » a également fait entrer des élus UDR et RN dans plusieurs conseils municipaux. Face à ce chamboulement, Dominique Estrosi-Sassone confie s'être interrogée sur une éventuelle candidature : « Après le mois de mars, je me suis dit “Est-ce que tu y retournes ou pas ?” »
Elle justifie sa décision de se représenter par son travail accompli : « J'ai perdu à Nice, mais Nice ne représente pas la totalité des grands électeurs. Tu n'as pas démérité. Ton travail est là, tu as un bilan de 12 ans et une proximité au contact des maires dans chacune des 163 communes des Alpes-Maritimes. » La sénatrice, qui a conduit les listes aux sénatoriales de 2014 et 2020, estime légitime de briguer un nouveau mandat.
Une droite divisée, une liste « La liberté d'agir »
La droite part divisée : Alexandra Borchio Fontimp, qui figurait sur la liste de Dominique Estrosi-Sassone en 2020, conduit sa propre liste. L'ancienne colistière explique cette situation : « J'aurais préféré qu'il n'y ait qu'une liste Les Républicains, mais cette division était presque inéluctable. Face à la poussée de l'UDR-RN, les places sont chères et chacun veut sauver son siège. » Elle précise que « le parti a appliqué la jurisprudence du Sénat en investissant les deux sénatrices sortantes » et qu'elle n'en veut pas à Alexandra Borchio Fontimp, qui « a fait son choix ».
La liste de Dominique Estrosi-Sassone, intitulée « La liberté d'agir pour les Alpes-Maritimes », comprend sept noms. Philippe Tabarot, initialement pressenti pour faire « ticket » avec elle, ne se présente pas en raison de sa charge de ministre des Transports. Il apporte toutefois son soutien à la sénatrice, qui a placé le docteur Bruno Pebeyre, adjoint au maire du Cannet, en deuxième position. Les autres colistiers sont Brigitte Lisée-Juan (2e adjointe à Saint-Laurent-du-Var, conseillère métropolitaine, 3e), Cyril Piazza (maire de Peille, président des Pays du Paillon, 4e), Johanna Tourian (2e adjointe à La Colle-sur-Loup, conseillère communautaire à la Casa, 5e), Roger Ciais (maire de Touët-sur-Var, conseiller communautaire à la communauté de communes des Alpes-d'Azur, 6e) et Martine Phal (première adjointe à Théoule-sur-Mer, 7e).
Un projet pour les maires et la diversité politique
Dominique Estrosi-Sassone défend un projet centré sur les communes : « Je veux redonner la liberté, le pouvoir d'agir aux maires, étouffés par la bureaucratie, les normes et la perte de leur autonomie financière. Le Sénat doit défendre la commune comme socle de notre démocratie. » Elle revendique une ligne politique constante : « fidélité, indépendance et liberté », sans « porosité avec le RN et l'UDR ».
Interrogée sur l'appartenance politique de ses colistiers, elle indique ne pas avoir exigé l'adhésion à LR : « Je suis restée fidèle à LR. On connaît mes convictions, je suis une femme de droite, mais j'appelle les grands électeurs à voter pour ma liste, pas au nom d'une appartenance, mais au nom d'un travail, d'un projet, d'une proximité, d'une écoute, d'un dialogue que j'ai construit avec eux. »
Elle met en garde contre une uniformisation politique : « Est-ce qu'on veut continuer à mettre tous les œufs dans le même panier avec l'UDR et le RN, ou avoir des sénateurs qui continuent de siéger dans la majorité sénatoriale ? » Si elle est réélue, elle conservera la présidence de la commission des affaires économiques du Sénat, l'une des sept commissions permanentes, pour trois ans. Cette commission examine les textes relatifs à l'agriculture, au logement et à l'énergie. Dominique Estrosi-Sassone conclut : « Entre les trois listes de droite, je pense que j'incarne le seul positionnement qui est clair au regard de cette ligne politique dont je n'ai jamais dévié. »



