Pour la première fois en France, le cancer du sein d'une hôtesse de l'air a été reconnu comme maladie professionnelle, a annoncé son avocate, Me Stéphanie Couchoux, mardi 26 août. Cette décision, rendue par la commission de reconnaissance des maladies professionnelles de la Sécurité sociale, établit un lien direct entre l'exposition aux rayonnements cosmétiques et la pathologie de la patiente.
Une décision historique pour le personnel navigant
L'hôtesse de l'air, qui a exercé pendant plus de 20 ans, a développé un cancer du sein. Son avocate a salué une « avancée majeure » pour la reconnaissance des risques professionnels liés au métier de personnel navigant commercial. La commission a reconnu que l'exposition répétée aux rayonnements ionisants d'origine cosmétique, subie lors des vols long-courriers, était à l'origine de la maladie.
Cette reconnaissance ouvre la voie à une indemnisation de la patiente par le régime général de la Sécurité sociale. Elle pourrait également servir de précédent pour d'autres cas similaires. Selon Me Couchoux, « c'est une première en France » et elle espère que cela « fera jurisprudence » pour les autres hôtesses de l'air et stewards confrontés à des pathologies cancéreuses.
Les rayonnements cosmétiques en cause
Les rayonnements cosmétiques sont des particules à haute énergie provenant de l'espace, dont l'intensité augmente avec l'altitude. Les personnels navigants y sont particulièrement exposés lors des vols long-courriers. Plusieurs études épidémiologiques ont déjà mis en évidence un risque accru de cancer du sein chez les hôtesses de l'air, mais c'est la première fois qu'une reconnaissance officielle intervient en France.
La décision de la commission s'appuie sur les éléments médicaux fournis par la patiente et son avocate, ainsi que sur les données scientifiques disponibles. Elle pourrait inciter d'autres membres du personnel navigant à faire valoir leurs droits. Le dossier de l'hôtesse de l'air, qui a souhaité rester anonyme, a été suivi par le syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC).
Un précédent qui pourrait faire école
Cette reconnaissance intervient après plusieurs années de procédure. La patiente, âgée d'une cinquantaine d'années, a été diagnostiquée en 2019. Elle a dû prouver que son exposition professionnelle était bien à l'origine de sa maladie. La commission a finalement rendu un avis favorable, reconnaissant le lien direct entre l'activité professionnelle et la pathologie.
Selon Me Couchoux, cette décision est « un signal fort » pour toutes les compagnies aériennes et pour la médecine du travail. Elle espère que cela conduira à une meilleure prévention et à un suivi médical renforcé pour les personnels navigants. La Sécurité sociale devra désormais indemniser la patiente pour son préjudice, et la décision pourrait être étendue à d'autres cas similaires.
L'avocate a également indiqué que d'autres dossiers étaient en cours d'examen. Cette première reconnaissance en France pourrait donc ouvrir la voie à une série de demandes de la part de personnel navigant atteint de cancers. La décision de la commission de reconnaissance des maladies professionnelles est définitive, sauf recours de la caisse primaire d'assurance maladie.



