Au large des Aresquiers, entre Frontignan et Sète, des archéologues ont mis au jour une structure en bois de plus de cinq mètres de long, enfouie sous le sable depuis plus de deux siècles. Ce vestige rare pourrait appartenir à l'un des grands navires de guerre napoléoniens détruits en 1809, le Robuste ou le Lion, tous deux sabordés pour éviter qu'ils ne tombent aux mains des Britanniques.
Une découverte archéologique majeure
Les premières analyses orientent vers une hypothèse prestigieuse : il pourrait s'agir d'un fragment du Robuste, armé de 80 canons, ou du Lion, qui en comptait 74. Les chercheurs, initialement intrigués par cette structure, ont d'abord cru avoir affaire à une autre épave. Mais les indices recueillis jusqu'ici désignent désormais ces deux bâtiments majeurs de la marine impériale.
Le vestige a été retrouvé à près de trois kilomètres de la zone principale du naufrage, une distance qui témoigne de la violence de l'explosion survenue lors de la destruction des navires. Cette localisation inhabituelle ajoute une dimension spectaculaire à cette redécouverte.
Le sabordage de 1809
L'histoire remonte à octobre 1809. En pleine guerre contre les Britanniques, un convoi français longe les côtes du Languedoc. Parmi les navires chargés de le protéger figurent le Robuste et le Lion. Poursuivis par la Royal Navy, les deux bâtiments tentent de se réfugier vers Sète, mais s'échouent sur les hauts-fonds des Aresquiers.
Pour éviter qu'ils ne tombent aux mains des Anglais, la décision est prise de les saborder. Dans la nuit du 26 au 27 octobre 1809, les deux navires explosent, laissant derrière eux des débris dispersés sur des kilomètres.
Des analyses complémentaires en cours
Les recherches se poursuivent désormais pour déterminer avec précision à quel bâtiment appartient cette pièce de bois. Des analyses complémentaires doivent permettre d'en savoir plus sur son origine, sa datation et son rôle exact dans la structure du navire.
Cette découverte relance l'intérêt pour cette page méconnue de l'histoire maritime locale. Elle rappelle que les fonds marins du littoral héraultais recèlent encore des trésors insoupçonnés. Le podcast « 2 minutes chrono » de Midi Libre consacre un épisode à cette fresque historique, de la poursuite des navires napoléoniens à leur redécouverte plus de deux siècles plus tard.



