Le débat sur l’indépendance des médias et la liberté de création connaît un nouveau rebondissement. Alors que des artistes et des cinéastes multiplient les prises de position contre l’influence de Vincent Bolloré sur le groupe Canal+, deux voix politiques s’élèvent pour défendre la chaîne cryptée. David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF), ainsi que des responsables du Rassemblement national (RN) ont exprimé leur soutien à Canal+.
Un front commun inattendu
Dans une déclaration commune, David Lisnard et le député RN Thomas Ménage ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une tentative de censure de la part d’artistes « qui veulent imposer leur vision du monde ». Selon eux, les critiques contre Canal+ sont motivées par une hostilité idéologique envers Vincent Bolloré, sans lien avec la qualité des programmes.
« Canal+ est un acteur majeur du cinéma français, qui finance des œuvres et soutient la création. Il est absurde de vouloir le stigmatiser », a déclaré David Lisnard. Le RN, de son côté, y voit une défense de la liberté d’expression face à ce qu’il nomme « une censure de gauche ».
La réaction des artistes
Les artistes, réunis notamment autour du collectif « Artistes contre Bolloré », ont répliqué en accusant les deux responsables politiques de faire le jeu d’un « magnat des médias qui menace le pluralisme ». Ils rappellent que Vincent Bolloré contrôle également d’autres médias comme CNews et Europe 1, et qu’il impose une ligne éditoriale conservatrice.
Le conflit s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la concentration des médias en France. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une régulation plus stricte afin de garantir la diversité des opinions.
Cette prise de position de David Lisnard et du RN pourrait influencer le débat public à l’approche des échéances électorales. Elle illustre les clivages persistants entre défenseurs de la liberté d’entreprise et partisans d’une régulation accrue des médias.



