La ministre déléguée chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Maud Bregeon, a annoncé son soutien à Edouard Philippe en vue de l'élection présidentielle de 2027. Cette décision intervient alors que Matignon a assoupli les règles encadrant les prises de position des membres du gouvernement en faveur d'un candidat.
Un soutien qui change la donne
Dans un entretien accordé au journal Le Parisien, Maud Bregeon a déclaré : « J'ai choisi de soutenir Edouard Philippe parce qu'il incarne une vision moderne et pragmatique pour la France. » Elle devient ainsi la première ministre en exercice à officialiser son parrainage pour l'ancien Premier ministre.
Cette annonce a été rendue possible par une modification discrète du code de conduite gouvernemental. Selon des sources proches de Matignon, le Premier ministre actuel a assoupli les restrictions qui interdisaient aux ministres de s'engager publiquement pour un candidat avant une certaine échéance.
Des règles assouplies pour plus de liberté
Jusqu'à présent, les membres du gouvernement devaient respecter une stricte neutralité. Désormais, ils peuvent exprimer leurs préférences, à condition de ne pas utiliser leurs fonctions officielles à des fins de campagne. Un conseiller de Matignon a précisé : « Il s'agit de permettre une expression politique plus libre, tout en maintenant une séparation claire entre les responsabilités gouvernementales et les engagements personnels. »
Cette décision a suscité des réactions contrastées au sein de la majorité. Certains y voient une avancée pour la transparence, tandis que d'autres craignent une politisation excessive de l'exécutif.
Les conséquences pour la majorité
Le ralliement de Maud Bregeon à Edouard Philippe pourrait redistribuer les cartes au sein du camp présidentiel. Philippe, qui a quitté Matignon en 2020, est considéré comme un potentiel candidat pour 2027, même s'il n'a pas encore officialisé ses intentions. Selon un sondage Ifop réalisé en mai 2023, 62% des Français auraient une opinion favorable de l'ancien Premier ministre.
Cette situation met également sous pression d'autres ministres qui pourraient être tentés de suivre l'exemple de Bregeon. Un proche du président actuel a confié : « Nous devons veiller à ce que cela ne devienne pas une course aux déclarations qui fragiliserait l'unité du gouvernement. »
En attendant, Maud Bregeon continue d'exercer ses fonctions ministérielles, tout en précisant que son soutien à Philippe est « personnel et n'affecte en rien son travail au sein du gouvernement. »



