Tondelier veut interdire X, "source de fake news"
Tondelier veut interdire X, source de fake news

La secrétaire nationale d'EELV, Marine Tondelier, a réclamé ce mardi l'interdiction pure et simple du réseau social X (anciennement Twitter) sur le territoire français. Dans une déclaration choc, elle a qualifié la plateforme de « source de fake news à l'algorithme pipé », appelant le gouvernement à agir d'urgence face aux ingérences étrangères qui prospèrent sur ce réseau.

Une demande radicale face aux ingérences

Lors d'une conférence de presse à Paris, Marine Tondelier a justifié sa proposition par la multiplication des campagnes de désinformation orchestrées depuis l'étranger. « Nous avons des preuves que des puissances hostiles utilisent X pour déstabiliser notre démocratie », a-t-elle affirmé, citant des rapports récents des services de renseignement. Selon elle, l'algorithme de la plateforme favorise les contenus polémiques et mensongers, amplifiant leur portée de manière disproportionnée.

La dirigeante écologiste a également pointé du doigt le rôle de X dans la propagation de fausses informations lors des dernières élections européennes. Une étude de l'Institut Montaigne, publiée en juin, estime que 30 % des comptes actifs sur X en France partagent des contenus douteux. « C'est un chiffre alarmant qui montre l'ampleur du problème », a-t-elle ajouté.

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Un appel à la régulation plutôt qu'à l'interdiction ?

Si certains membres de la majorité présidentielle ont salué la prise de conscience, ils jugent l'interdiction disproportionnée. Le député Renaissance Sacha Houlié a suggéré de renforcer les pouvoirs de l'Arcom et d'appliquer le DSA (Digital Services Act) européen. « L'interdiction serait un aveu d'échec. Il faut plutôt contraindre X à respecter nos lois », a-t-il déclaré.

De son côté, la Commission européenne a déjà ouvert une enquête sur X pour manquements présumés au DSA, notamment concernant la transparence publicitaire et la lutte contre la désinformation. Une décision est attendue d'ici la fin de l'année.

Une bataille politique qui s'annonce

La proposition de Marine Tondelier a relancé le débat sur la souveraineté numérique. Pour la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, « il ne s'agit pas de censure, mais de protéger l'espace public ». Elle a rappelé que plusieurs pays, dont le Brésil, ont déjà suspendu X pour des raisons similaires.

Le gouvernement, par la voix du porte-parole Olivier Véran, a indiqué « suivre de près les travaux de la Commission européenne » sans se prononcer sur une éventuelle interdiction. Une réunion interministérielle sur la lutte contre les ingérences étrangères est prévue la semaine prochaine.

Un impact sur les utilisateurs et les entreprises

Si une telle mesure était adoptée, elle affecterait près de 25 millions d'utilisateurs actifs mensuels en France. Les entreprises qui utilisent X pour leur communication devraient se tourner vers d'autres plateformes, comme Mastodon ou Bluesky. « Cela représenterait un coût économique non négligeable, mais nécessaire pour sauvegarder notre démocratie », a conclu Marine Tondelier.

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