Le sénateur Flavio Bolsonaro, fils aîné de l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro, a été officiellement investi candidat du Parti libéral pour l'élection présidentielle d'octobre. Il affrontera le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, avec 43% des intentions de vote contre 48% pour son adversaire, selon les derniers sondages.
Un héritier désigné sous le signe de la continuité
À 45 ans, Flavio Bolsonaro incarne la continuité dynastique. Né dans l'État de Rio de Janeiro, ce fils aîné de l'ancien chef d'État, actuellement emprisonné pour tentative de coup d'État, a été choisi par son père pour « garder la mainmise sur la droite », comme l'analyse l'expert Márcio Coimbra auprès de l'AFP. Avocat de formation, il est entré en politique très tôt, devenant député régional à 21 ans puis sénateur à 37 ans.
Physiquement, la ressemblance avec Jair Bolsonaro est frappante. Mais Flavio tente de cultiver une image plus modérée. Il se présente comme « plus calme, plus souriant, plus tranquille et modéré », tout en revendiquant « le sang de Bolsonaro ». Cette stratégie vise à élargir sa base électorale au-delà du noyau dur bolsonariste.
Une modération de façade pour séduire au-delà des fidèles
Sur le fond, Flavio Bolsonaro maintient des positions très conservatrices : défense du port d'arme, valeurs chrétiennes, fermeté absolue contre la criminalité, avec une référence assumée aux méthodes du président salvadorien Nayib Bukele. Il a également semé le trouble en remettant en doute la fiabilité du vote électronique brésilien et en proposant des interventions militaires radicales contre le trafic de drogue à Rio.
Mais il tente d'incarner une rupture avec les excès paternels. Pendant la pandémie de Covid-19, il s'est fait vacciner, contrairement à son père. Il utilise parfois un langage inclusif, ce qui contraste avec les déclarations misogynes et homophobes de Jair Bolsonaro. Les observateurs le décrivent comme plus à l'aise dans les coulisses et le dialogue institutionnel.
Des polémiques qui entachent la campagne
La campagne de Flavio Bolsonaro est toutefois ternie par plusieurs affaires. En mai, un enregistrement audio l'a montré sollicitant Daniel Vorcaro, un banquier arrêté pour fraude financière, afin de financer un film à la gloire de son père. Le candidat a récusé toute malversation. Une querelle politique avec sa belle-mère Michelle Bolsonaro a dû être apaisée avant le lancement officiel de sa candidature.
Soutenu par des figures de l'extrême droite internationale comme le président argentin Javier Milei ou le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, il doit aussi composer avec un contexte diplomatique tendu. Washington a récemment imposé des surtaxes douanières au Brésil, et Lula accuse la famille Bolsonaro d'encourager ces pressions étrangères.
Un défi électoral face à Lula
Le principal défi pour Flavio Bolsonaro sera de transformer son capital familial en dynamique électorale. Face à Lula, président sortant de 80 ans, il devra convaincre les électeurs de sa capacité à gouverner. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si l'héritier pourra égaler, voire surpasser, l'influence de son père sur la droite brésilienne.



