La Tunisie a convoqué l'ambassadeur de France, André Parant, le 23 février 2023, pour exprimer son mécontentement face à des propos tenus par une source diplomatique française non identifiée, jugés « offensants et inacceptables » envers le président Kaïs Saïed. Cette démarche diplomatique intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, et rappelle une action similaire menée par l'Algérie quelques semaines plus tôt.
Les raisons de la convocation
Selon un communiqué du ministère tunisien des Affaires étrangères, la convocation fait suite à des « déclarations rapportées par les médias, attribuées à une source diplomatique française, contenant des propos inappropriés sur le chef de l'État ». Le ministère a précisé que « de telles déclarations sont contraires aux liens d'amitié et de respect mutuel qui unissent la Tunisie et la France ». La source française aurait critiqué la gestion du pays par le président Saïed, notamment sa dérive autoritaire et sa prise de pouvoir en juillet 2021.
Un précédent algérien
Cette convocation n'est pas un cas isolé dans la région. L'Algérie avait convoqué l'ambassadeur de France à Alger le 9 février 2023, après des propos du président Emmanuel Macron jugés « irrespectueux » envers l'Algérie. Les similitudes entre les deux actions soulignent une détérioration des relations entre la France et ses anciennes colonies du Maghreb. « La Tunisie suit la méthode algérienne pour montrer son mécontentement, mais les contextes diffèrent », a commenté un analyste politique tunisien, sous couvert d'anonymat.
Réactions françaises et implications
Le Quai d'Orsay a réagi avec prudence, affirmant que « la France entretient des relations étroites et anciennes avec la Tunisie » et qu'elle « souhaite clarifier la situation par la voie diplomatique ». Les relations franco-tunisiennes sont déjà marquées par des tensions sur les questions migratoires et économiques. Cette convocation intervient alors que la Tunisie est confrontée à une grave crise économique et politique. Selon des experts, cette action pourrait compliquer davantage la coopération bilatérale, notamment en matière d'aide financière.
Les dessous de la dispute
Les propos incriminés auraient été tenus en marge d'une réunion à Paris sur la situation en Tunisie. Des diplomates français auraient exprimé des inquiétudes sur l'état de la démocratie dans le pays, depuis le coup de force de Saïed. « La France s'inquiète de la dérive autoritaire et de l'impasse politique en Tunisie », a rapporté un média français. Le gouvernement tunisien a jugé ces propos comme une ingérence dans les affaires intérieures.
Une escalade diplomatique ?
L'ambassadeur français a été reçu par le secrétaire d'État tunisien aux Affaires étrangères, qui lui a remis une note de protestation. Aucune menace de rappel de l'ambassadeur n'a été évoquée pour l'instant. Cependant, l'atmosphère reste tendue. La Tunisie a également annulé une visite officielle prévue d'une délégation française. « Nous ne voulons pas d'une rupture, mais nous défendons notre souveraineté », a déclaré un porte-parole du gouvernement tunisien.



