Retour de Christophe Gleizes : l'ambassadeur français en Algérie s'engage
L'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, de retour à Alger après avoir été rappelé il y a un peu plus d'un an, a évoqué ses efforts pour libérer le journaliste Christophe Gleizes. Il a martelé l'importance de « rétablir une relation » entre les deux pays pour faciliter ce retour.
Invité sur France Inter lundi matin, Stéphane Romatet a déclaré : « À titre personnel, c'est mon obsession. » Il a assuré que le retour de Christophe Gleizes en France « c'est notre devoir, c'est notre responsabilité ». Le journaliste sportif de 37 ans est détenu en Algérie depuis son arrestation en mai 2024.
Pour l'ambassadeur, « nous devons rendre Christophe à sa famille, au milieu du foot » et « tous nos efforts doivent tendre vers cet objectif ». Le consul général a rendu visite au journaliste emprisonné il y a une quinzaine de jours, « c'était la première fois depuis sa condamnation en juillet », a rappelé l'ambassadeur. « Nous l'avons trouvé incroyablement solide, très combatif, il se sent très soutenu », a-t-il indiqué.
Christophe Gleizes a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » dans le cadre d'un reportage en Kabylie. Sa peine a été confirmée en appel en décembre. Sa famille demande désormais une grâce du président algérien Abdelmadjid Tebboune. Stéphane Romatet a affirmé que la France conduit des efforts « dans la discrétion, dans la discussion respectueuse avec les autorités algériennes » pour le retour du journaliste.
C'est pourquoi, selon l'ambassadeur, il est important de reprendre les relations diplomatiques entre Paris et Alger, car « si on stigmatise, si on jette l'anathème sur ce pays, on n'y arrivera pas ». « Reprendre cette relation avec Alger, même si c'est difficile, compliqué, c'est aussi aider Christophe à revenir le plus tôt possible en France », a insisté Stéphane Romatet.
« Nous attendons du respect de la part de l'Algérie »
Stéphane Romatet avait été rappelé par le ministre de la Justice il y a un peu plus d'un an, au pic de la crise diplomatique entre les deux pays. Après des mois de silence, « où tous les contacts y compris sécuritaires ont quasiment été interrompus », a rappelé l'ambassadeur, le dialogue a repris il y a quelques semaines.
Signe de réchauffement des relations, Gérald Darmanin s'est rendu récemment à Alger pour rencontrer son homologue. Le ministre algérien de l'Intérieur est attendu à Paris, a annoncé Laurent Nuñez, qui a rencontré le président algérien à Alger en février. C'est dans ce cadre que Stéphane Romatet a fait son retour en Algérie il y a quelques jours. « C'est un retour pour rétablir une relation, pour tenter de la redémarrer, pour essayer de la reconstruire après des mois et des mois, presque deux ans où cette relation a été abîmée », a-t-il déclaré.
Il a reconnu que « discuter avec l'Algérie, (…), c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ça n'est pas abdiquer, c'est un impératif ». Alors que certains élus, notamment du RN, accusent les autorités françaises de « diplomatie de la courbette » avec l'Algérie, Stéphane Romatet a estimé que privilégier le dialogue « ça n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité ».
L'ambassadeur a toutefois rappelé qu'il était nécessaire de « faire de part et d'autre preuve de respect ». Interrogé sur un article du média algérien El Watan à charge contre le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot après sa visite au Maroc la semaine dernière, Stéphane Romatet a dénoncé des « propos inacceptables, je l'ai dit hier aux responsables algériens ». « Nous attendons du respect de la part de l'Algérie », a-t-il répété.
« Nous avons le devoir d'avoir une relation forte avec le Maroc, nous avons aussi le devoir d'avoir une relation forte avec l'Algérie. Il faut faire la démonstration que nous pouvons avoir à la fois avec Rabat et Alger des relations sereines et apaisées », a-t-il conclu.



