Jean-Noël Barrot à Montpellier : l'Europe doit éviter la colonisation numérique
Barrot : l'Europe ne doit pas devenir une colonie numérique

L'Europe face aux géants numériques : l'avertissement de Jean-Noël Barrot

Lors d'un déplacement à Montpellier, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a lancé un vibrant plaidoyer pour une Europe forte et souveraine. Face aux puissances que sont les États-Unis, la Chine ou la Russie, il a insisté sur la nécessité pour le Vieux Continent de ne pas devenir « une colonie numérique » de ces géants.

Un contexte géopolitique favorable

Interrogé sur la récente victoire de Peter Magyar face à Viktor Orbán en Hongrie, Jean-Noël Barrot s'est réjoui de « du recul des forces politiques populistes ou d'extrême droite aux Pays-Bas, au Danemark et en Italie, avant la Hongrie ». Pour le ministre, cette évolution démontre que les Européens prennent conscience que leur capacité à résister à la pression des nouveaux empires ne passe pas par un repli nationaliste, mais par une Europe plus souveraine et plus forte.

Il a également commenté la situation en Ukraine, affirmant que la guerre d'agression menée par Vladimir Poutine tournait à sa désavantage. « C'est une bonne nouvelle pour l'Europe, une très mauvaise pour Vladimir Poutine qui, dans sa guerre d'agression vaine qu'il mène face à l'Ukraine, perd son principal cheval de Troie au sein de l'Union européenne », a-t-il déclaré.

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La nécessité d'une troisième voie

Face aux suggestions ironiques de l'ancien député Élie Aboud, qui proposait d'ériger à Bruxelles des statues de Donald Trump et Vladimir Poutine pour leur rôle dans le réveil européen, Jean-Noël Barrot a confirmé la nécessité pour l'Europe d'ouvrir une troisième voie. « Une voie dans laquelle s'engouffreront l'immense majorité des pays du monde, qui entendent rester libres », a-t-il précisé.

Cette approche doit également s'appliquer sur le plan commercial face à la Chine. « Il ne faut pas être spectateur, mais acteur engagé. C'est ainsi que je conçois le rôle de l'Europe qui doit accélérer sa transformation d'un continent de consommateur à producteur », a rappelé le ministre. Il a souligné les efforts entrepris depuis dix ans pour renforcer la souveraineté européenne, notamment par la protection des filières menacées par la concurrence déloyale et l'imposition d'une préférence européenne dans les marchés publics.

Investir dans les technologies de demain

Pour éviter cette colonisation numérique redoutée, Jean-Noël Barrot appelle à investir massivement dans les technologies qui façonneront notre quotidien. « Il faut investir dans les technologies qui, demain, s'inviteront dans notre vie quotidienne, pour ne pas devenir une colonie numérique des États-Unis ou de la Chine », a-t-il insisté.

Interrogé sur le réchauffement des relations avec la Grande-Bretagne, le ministre a assuré que les autorités britanniques « trouveront des bras grands ouverts s'ils veulent réentrer sur le marché unique, avec ses droits et ses devoirs ». Il a également rappelé l'attractivité de l'Union européenne, affirmant que « plus de dix pays veulent rejoindre l'Union européenne et aucune autre organisation politique dans le monde ne peut en dire autant ».

Le rôle crucial de la France

Mais pour que cette Europe souveraine se lève véritablement, Jean-Noël Barrot a souligné le rôle essentiel de la France. « Il est essentiel que la France montre la voie. Le scrutin de l'année prochaine sera important », a-t-il appuyé, faisant référence aux élections présidentielles de 2027 qui s'annoncent déterminantes pour l'avenir européen.

Le ministre a ainsi dressé le portrait d'une Europe à la croisée des chemins, confrontée à des défis numériques, commerciaux et géopolitiques majeurs, mais disposant selon lui des atouts nécessaires pour affirmer sa souveraineté face aux grandes puissances mondiales.

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