Le ministre français fustige le bilan de Poutine après quatre années de conflit en Ukraine
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a vivement critiqué ce dimanche le bilan du président russe Vladimir Poutine, qu'il a qualifié d'« échec cuisant et humiliant » après quatre ans de guerre en Ukraine. Invité de l'émission dominicale conjointe de France Inter, France Info et Le Monde, le chef de la diplomatie française a salué « le panache » et le « courage inouï » de l'armée ukrainienne.
Une reconquête territoriale significative saluée par Paris
Jean-Noël Barrot a mis en avant les récents succès militaires ukrainiens, soulignant que les forces de Kiev venaient de libérer 300 kilomètres carrés de territoire. « L'armée ukrainienne vient dans un geste d'un panache et d'un courage inouï de libérer 300 kilomètres carrés », a-t-il déclaré avec admiration. Cette affirmation fait écho aux déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait annoncé vendredi cette reconquête lors de contre-attaques dans le sud du pays.
Des pertes humaines russes considérables et une économie en difficulté
Le ministre français a dressé un tableau alarmant de la situation russe, affirmant que « la Russie a accusé plus d'un million de pertes humaines dans cette guerre, c'est-à-dire plus que l'ensemble des pertes soviétiques et russes depuis 1945 ». Il a ajouté que « aujourd'hui, c'est 1 000 soldats russes qui sont tués quotidiennement sur le front pour des gains qui sont microscopiques ».
Sur le plan économique, Jean-Noël Barrot a pointé les difficultés croissantes de Moscou : « la Russie va entrer en récession, les caisses de la Russie sont vides, l'essence est rationnée dans un grand nombre de régions russes et maintenant ce sont les télécommunications, les communications et les applications qui sont bloquées ».
La perspective d'un blocage hongrois sur les sanctions européennes
Interrogé sur l'annonce par la Hongrie de son intention de bloquer le vingtième paquet européen de sanctions contre la Russie lors de la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles, le ministre français s'est montré déterminé à surmonter cet obstacle. « Je vais sans doute prendre connaissance des raisons invoquées et consacrer une partie de mon après-midi à tenter de lever ce blocage », a-t-il affirmé.
Jean-Noël Barrot a estimé qu'il était normal d'avoir des divergences entre États membres, mais a insisté sur l'importance du dialogue : « L'important, c'est que nous puissions avoir des débats » et travailler à « aplanir ces divergences et faire des convergences ». Il a rappelé que des blocages similaires avaient déjà été surmontés par le passé et qu'il travaillerait à trouver une solution commune.



