Danielle Mitterrand a vécu une histoire d'amour pendant vingt-quatre ans avec Jean Balenci, avec le consentement de son mari, François Mitterrand. Loin d'être une liaison clandestine, cette passion s'épanouissait au sein même du foyer présidentiel. Jean Balenci n'était pas un amant caché : il avait sa place à table, dans les résidences parisiennes comme à Latche, et partageait le quotidien de toute la famille.
L'amant faisait partie des meubles
À Paris, rue Guynemer, puis rue de Bièvre, comme dans la mythique bergerie landaise de Latche, Jean le bien-aimé avait son rond de serviette. Toujours prêt à rendre service, il jouait les grands frères avec les fils de la maison, Jean-Christophe et Gilbert. Devenu familier de François Mitterrand, cet ex-maître nageur servait à l'occasion de chauffeur au premier secrétaire du PS, et prenait souvent son petit déjeuner avec lui.
Dans l'entourage de Mitterrand, les plus initiés cancanaient d'un air entendu à propos du jeune « professeur de tennis ». Mais nul n'osait s'immiscer dans la vie privée du chef, qui savait mieux que quiconque cloisonner ses diverses existences. Cette discrétion a longtemps protégé le secret de cette double vie, jusqu'à ce que notre consœur Laurence Pieau lève le voile.
Un secret de Polichinelle dans les hautes sphères
Le récit, signé Sylvain Courage, a été publié le 1ᵉʳ août 2026. Il s'inscrit dans la série « L'amour contre les préjugés » qui explore des histoires d'amour ayant défié les normes de leur époque. Ce vingt-troisième épisode sur vingt-six raconte comment la Première dame de la Vᵉ République a mené une deuxième vie sentimentale, au vu et au su de son mari.
On connaissait la passion durable qui a uni François Mitterrand à Anne Pingeot. On sait désormais que sa femme avait, elle aussi, une histoire parallèle. Jean Balenci n'était pas un amant de passage : il était intégré à la cellule familiale, participant aux repas, aux vacances, aux trajets. Il était même devenu un proche du président, qui lui confiait des tâches quotidiennes.
Un ancien maître nageur au service du président
Jean Balenci avait su se rendre indispensable. Ancien maître nageur, il s'était glissé dans le rôle d'homme de confiance, servant parfois de chauffeur à François Mitterrand et prenant régulièrement son petit-déjeuner avec lui. Ce statut ambigu, à la fois amant de l'épouse et factotum du mari, en faisait un personnage central mais invisible de la vie politique.
Cette situation, qui pourrait paraître invraisemblable aujourd'hui, était en réalité tolérée dans les années 1960 et 1970, où la vie privée des hommes politiques restait taboue. Les médias et l'opinion publique ne s'aventuraient guère dans ces territoires intimes, et le président savait parfaitement compartimenter les différentes facettes de son existence.
Le polyamour avant l'heure
L'histoire de Danielle Mitterrand et Jean Balenci est d'autant plus remarquable qu'elle ne correspond à aucun schéma classique. Il ne s'agit pas d'une infidélité cachée, mais d'un arrangement mutuel, fondé sur la confiance et le respect. Cette forme de polyamour discrète, bien avant que le terme ne soit popularisé, a permis au couple Mitterrand de durer malgré les apparences.
La série « L'amour contre les préjugés » a déjà raconté d'autres histoires tout aussi singulières : Antoine et Cléopâtre, Héloïse et Abélard, Marie Curie et Paul Langevin, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, ou encore Ruth Williams et Seretse Khama, qui ont défié l'apartheid. Le cas Mitterrand-Balenci s'ajoute à cette galerie de portraits de l'amour qui bouscule les conventions.
Vingt-quatre ans de vie commune, c'est plus que bien des mariages officiels. Cette longévité prouve que la passion entre Danielle et Jean n'était pas un simple caprice, mais un véritable amour, accepté et intégré dans le paysage familial. Une histoire qui ne manquera pas de nourrir les débats sur la complexité des sentiments humains.
Une double vie révélée après des décennies
Ce n'est que récemment que les détails de cette relation ont été portés à la connaissance du public. Les trois derniers épisodes de la série, prévus prochainement, pourraient apporter d'autres révélations. En attendant, ce récit signé Sylvain Courage, illustré par une photographie de Jeanne Guérard, restera comme l'un des témoignages les plus troublants sur la vie privée des dirigeants de la Vᵉ République.



