L'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle 2027, Gabriel Attal, a déposé plainte vendredi 7 août pour ingérence étrangère, après avoir été la cible d'une campagne de désinformation pro-russe sur les réseaux sociaux X et TikTok. Cette action en justice fait suite à un signalement initial effectué mercredi 5 août pour une ingérence numérique extérieure, et à une nouvelle alerte des services de l'État jeudi, concernant une opération supplémentaire en provenance de réseaux russes.
Une plainte pour ingérence et manipulation de l'information
La plainte, déposée à Paris, dénonce des faits d'ingérence étrangère, de manipulation de l'information et de fabrication de contenus truqués, susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et à la sincérité du scrutin présidentiel à venir. Les avocats de Gabriel Attal ont recensé sur les plateformes des deepfakes, de faux reportages vidéo, de fausses unes de journaux, ainsi que des éléments destinés à semer la confusion sur l'origine de ces contenus, en laissant croire que le candidat aurait lui-même orchestré la désinformation le visant.
Selon le communiqué de ses avocats, Gabriel Attal a été alerté par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), et plus particulièrement par le service Viginum, chargé de la vigilance contre les ingérences numériques étrangères. Plusieurs comptes X, dont certains usurpant l'identité de médias français et internationaux, ont diffusé de faux reportages vidéo, de fausses unes de journaux, et des contenus imitant les logos et chartes graphiques de médias, attribuant au candidat et à ses proches des propos et positions publiques mensongers.
Trois candidats ciblés par des opérations de déstabilisation
Gabriel Attal n'est pas le seul prétendant à l'Élysée visé. Édouard Philippe (Horizons) a été calomnié sur son état de santé, et Raphaël Glucksmann (Place Publique) a vu sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d'avoir soudoyé des médias pour favoriser sa candidature. Bien que ces opérations soient restées peu visibles selon une source sécuritaire, ce sont les premières visant directement des candidats depuis le début de la campagne. Une enquête a d'ailleurs été ouverte par la justice concernant la campagne présumée visant Raphaël Glucksmann.
Réactions politiques et mesures envisagées
Jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a déploré que la présidentielle française soit « open bar pour tous les manipulateurs du monde ». Gabriel Attal a déclaré sur RTL que « la Russie veut voler ce scrutin aux Français », s'inquiétant que l'élection puisse être faussée si rien n'est fait. Une partie de la gauche estime que le gouvernement ne va pas assez loin et souhaite sanctionner les plateformes étrangères comme TikTok ou X. Raphaël Glucksmann demande aux autorités françaises et européennes de ne pas avoir « la main qui tremble » face à ces réseaux.
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, propose dans Libération de suspendre en France des réseaux comme X pendant la campagne en cas d'ingérences constatées. Cette proposition a suscité la réaction d'Elon Musk, patron de X, qui l'a accusée de « trahison envers la France » et a réclamé de la « faire taire ». En milieu de semaine, le Premier ministre Sébastien Lecornu a rappelé que le gouvernement avait présenté fin juillet un projet de loi renforçant les peines en cas de diffusion de fausses informations.



