Exercice militaire Victrix 2025 : 400 réservistes mobilisés dans le Gard
Victrix 2025 : 400 réservistes en exercice dans le Gard

Jusqu'au 11 novembre, la 6e brigade légère blindée transforme Beaucaire en terrain d'opérations. Objectif : entraîner 400 réservistes à la protection du territoire et à la défense de points sensibles, comme les infrastructures civiles et industrielles, lors de situations fictives.

Un scénario de guerre réaliste

Sur les hauteurs de Beaucaire, le silence matinal est rompu par des rafales de tirs à blanc. Casques, gilets pare-balles, fusils : tout est réuni pour une simulation totale. Les soldats se déplacent discrètement, se dissimulant derrière des arbres ou des herbes hautes. Leur mission : reprendre un château d'eau, cible stratégique de l'ennemi. Face à eux, une compagnie le défend coûte que coûte. Les ordres fusent, les tirs à blanc éclatent. « On a tenu notre position jusqu'à la dernière minute », se félicite Mathéo, première classe réserviste. « C'est particulier d'être visé, même en exercice. Mais on est formés pour ça », avoue-t-il.

Victrix 2025 : la grande manœuvre annuelle

Cette scène n'est qu'un épisode de l'opération baptisée Victrix 2025, pour « la victorieuse », grande manœuvre annuelle de la 6e brigade légère blindée basée à Nîmes, l'une des plus importantes garnisons militaires de France. Pendant quatre jours, près de 400 militaires de réserve, soit deux fois plus que l'an dernier, ont été mobilisés. Quatre mois de préparation ont été nécessaires pour mettre en place cette simulation au réalisme poussé. Le scénario : des attaques fictives sur le territoire national. Les troupes doivent protéger des points vitaux comme des usines ou des dépôts logistiques, afin de maintenir les infrastructures essentielles. L'objectif est de tester les capacités de commandement, de communication et d'adaptation sur un terrain civil libre, en dehors du camp militaire. Des situations volontairement réalistes, inspirées de missions possibles en cas de crise majeure.

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La logistique au cœur de l'opération

Le choix du lieu n'est pas anodin. Beaucaire offre un terrain central et méconnu des soldats. « On ne connaît pas le terrain, on doit l'analyser en temps réel, comme dans une véritable opération », détaille le lieutenant-colonel Grégoire, directeur de l'opération. Pour ce Parisien, qui dirige dans le civil un réseau de magasins de matériaux de construction, cet entraînement est crucial : « C'est un exercice qu'on pourrait être amenés à faire demain en cas d'attaque. Si l'ennemi frappe un dépôt logistique, il n'y a plus de munitions, plus de vivres, plus de matériel », explique-t-il. « L'objectif, c'est de permettre à la population de continuer à vivre et à travailler sur place, même en cas de crise », ajoute-t-il.

Le poste de commandement a été installé discrètement dans un hangar destiné aux éboueurs, transformé pour l'occasion en centre opérationnel. Un choix stratégique selon le colonel, qui estime qu'un « bâtiment banal, caché des vues aériennes, c'est exactement ce qu'on rechercherait en situation réelle ». La sergente Myriam, à la logistique, coordonne vivres, carburant et véhicules. « On doit savoir à tout moment si l'unité reste opérationnelle », explique-t-elle. Pour cette réserviste, c'est aussi une manière d'acquérir une expérience concrète : « À terme, j'aimerais pouvoir retransmettre ce que j'apprends ici lors de futures opérations ».

Pousser les limites des réservistes

Sous la supervision du lieutenant-colonel Cédric, les participants enchaînent les manœuvres, jour et nuit. Fatigue, imprévus, scénarios d'accident : tout est fait pour pousser leurs limites. « On les met volontairement sous pression pour observer s'ils arrivent à être efficaces », souligne-t-il. Car au-delà des tirs et des ordres, Victrix 2025 rappelle une évidence : la défense du territoire repose aussi sur ces citoyens-soldats, prêts à répondre présent si le pays les appelle.

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L'armée de Terre vise 48 000 réservistes d'ici 2030

L'armée de Terre compte renforcer ce vivier. D'ici 2030, elle espère compter 48 000 réservistes dans ses rangs. Un objectif ambitieux mais nécessaire selon le lieutenant-colonel Grégoire : « La menace est plus importante. L'armée ne saurait fonctionner sans ses réservistes ». Actuellement, les réservistes sont au nombre de 28 000 en France, dont 59 % de professionnels, 34 % d'étudiants et 7 % de retraités. Pour le lieutenant-colonel, les réservistes sont plus qu'un atout militaire, ils sont un atout pour les entreprises. « Ils apprennent la rigueur, le sens du bien commun, la minutie et ils sont formés aux gestes de secourisme », conclut-il.