Une semaine stratégique pour l'industrie de défense dans les Pyrénées-Atlantiques
Alors que la France prévoit une commande d'équipements militaires dépassant les 40 milliards d'euros auprès des entreprises nationales, l'État orchestre la Semaine de l'industrie et de la défense dans les Pyrénées-Atlantiques, du 20 au 24 avril. Cet événement met en lumière le rôle crucial du département dans l'effort de défense nationale, avec des démonstrations impressionnantes telles qu'un hélicoptère de combat et un camion d'artillerie installés dans les jardins du palais Beaumont à Pau, tandis que des drones survolent l'édifice. Pas d'inquiétude, ces engins ne sont pas déployés pour faire face à une menace ennemie, mais pour symboliser le lancement de cette initiative inédite.
Un forum pour rapprocher industrie et défense
Organisée conjointement par l'État, l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), France Travail et les armées, cette semaine vise à renforcer les liens entre les secteurs industriels et militaires, suite aux augmentations significatives du budget de la défense. Lors de ce premier forum, 33 entreprises du secteur ont présenté leurs activités à environ 400 demandeurs d'emploi et 300 lycéens, soulignant l'importance de cette synergie pour l'économie locale et nationale.
Des besoins urgents en recrutement
Jean-Marie Girier, préfet des Pyrénées-Atlantiques, insiste sur la nécessité d'une réindustrialisation majeure dans le département. S'appuyant sur une enquête de France Travail réalisée en juillet dernier auprès de 200 chefs d'entreprise du Pays basque, du Béarn et de Bigorre, il révèle des besoins pressants : 300 emplois doivent être pourvus dans les trois prochains mois, et 700 supplémentaires sur un an et demi. Ces chiffres reflètent une demande croissante en main-d'œuvre, particulièrement dans les filières de la défense, où les opportunités sont immédiates et substantielles.
L'impact des évolutions géopolitiques
Ces besoins de recrutement découlent directement des changements géopolitiques mondiaux. Avec une commande prévue de plus de 40 milliards d'euros d'équipements militaires en 2026, la France mise sur ses territoires, et le Sud-Ouest apparaît comme un atout stratégique. Jean-Marie Girier souligne l'excellence des industries aéronautiques locales, citant des géants comme Safran, Dassault, Thales ou Lauak, qui jouent un rôle pivot dans la défense nationale.
Les industriels ressentent vivement ces basculements. Un représentant de l'usine Safran d'Oloron-Sainte-Marie, qui collabore avec Dassault et Airbus pour fabriquer les trains d'atterrissage des avions de chasse Rafale, note une hausse continue de production depuis la guerre en Ukraine, tant pour des programmes civils que militaires. Il anticipe une explosion des commandes d'ici 2028, illustrant la dynamique positive du secteur.
La Loi programmation militaire comme catalyseur
Du côté de la société bayonnaise Akira Technologies, spécialisée en ingénierie mécanique, une augmentation des activités liées à la défense est également constatée. Une responsable attribue cette croissance à la géopolitique et à l'adoption de la Loi programmation militaire (LPM) en 2024, qui prévoit une enveloppe de plus de 400 milliards d'euros pour les armées d'ici 2030, visant à renforcer la souveraineté française. Cette législation stimule les collaborations, comme celle avec le fabricant de missiles MBDA, et accélère les projets industriels.
La Semaine de l'industrie et de la défense se poursuit à travers le département, avec des visites d'entreprises partenaires pour les demandeurs d'emploi mobilisés. Cet événement marque une étape clé dans la mobilisation des ressources locales pour répondre aux défis sécuritaires et économiques de la France.



