Le déclic est survenu au Mali, il y a cinq ans. Déployé avec le 2e régiment étranger de génie pour lutter contre les djihadistes dans la bande du Sahel, Nicolas Brault parcourt les chemins minés pour désamorcer, une à une, les bombes enfouies.
Un officier de la Légion face aux trolls
Officier de la Légion étrangère, Nicolas Brault voit ses hommes « se démener pour pacifier la zone », au risque de leur vie. Leur travail est aussitôt « sali » sur les réseaux sociaux : les trolls russes de la milice Wagner inondent Twitter de messages « affirmant que les soldats français forent la terre pour s’accaparer l’or ».
La montée en puissance des influenceurs militaires
Ancien professeur d'histoire, Nicolas Brault a investi les réseaux sociaux pour montrer son « quotidien d’officier de la Légion » et « partager (s)es réflexions sur le commandement ». Il rejoint ainsi une tendance de fond : des militaires, actifs ou retraités, qui gagnent en popularité en ligne. Des comptes comme Chef Peper, l'adjudant Eugénie ou encore Nicolas Brault lui-même cumulent des milliers d'abonnés.
L'armée veut professionnaliser ces voix
Face à cet essor, l'institution militaire, longtemps surnommée la « Grande Muette », cherche à encadrer et professionnaliser ces influenceurs. L'objectif : élargir son audience, notamment auprès des jeunes, et contrer la désinformation qui circule sur les opérations militaires. L'armée voit dans ces soldats numériques un moyen de raconter son histoire de l'intérieur, tout en contrôlant le message.
Cette évolution marque un tournant dans la communication de la défense française, qui s'adapte aux codes des réseaux sociaux pour mieux faire connaître ses missions et ses valeurs.



