Frappes américaines sur l'Iran : ce que l'on sait des sites nucléaires visés
Frappes américaines sur l'Iran : sites nucléaires visés

Conflit Israël-Iran : les États-Unis frappent les sites nucléaires iraniens

Les États-Unis ont mené dimanche 22 juin 2025 des frappes contre trois sites nucléaires iraniens, affirmant avoir "complètement détruit" les capacités d'enrichissement du pays. Cette offensive marque une escalade majeure dans le conflit qui oppose l'Iran à Israël depuis le 13 juin. Après des jours d'incertitude sur une possible intervention américaine, le président Donald Trump a annoncé l'opération, alors qu'il avait auparavant privilégié la voie diplomatique avec plusieurs cycles de négociations entre Washington et Téhéran.

Les sites frappés

Selon Donald Trump, des avions ont visé trois installations clés : Ispahan, Natanz et Fordo. Sur ce dernier site, une "charge complète de bombes" a été larguée. L'installation souterraine de Fordo, construite en violation des résolutions de l'ONU, est présentée par Téhéran comme une usine d'enrichissement d'uranium à taux élevé pouvant accueillir environ 3 000 centrifugeuses. C'est là qu'avaient été détectées début 2023 des particules d'uranium enrichies à 83,7 %, ce que l'Iran avait attribué à des "fluctuations involontaires". Israël n'est pas en mesure de frapper à une telle profondeur : seuls des avions américains peuvent transporter des munitions suffisamment pénétrantes.

L'usine de Natanz est sans doute le plus connu des sites nucléaires iraniens, révélé en 2002. Elle comprend deux bâtiments, l'un souterrain et l'autre en surface, totalisant près de 70 cascades de centrifugeuses, soit plus de 10 000 machines utilisées pour enrichir l'uranium. L'installation d'Ispahan est quant à elle une usine de conversion, produisant les gaz nécessaires à l'enrichissement.

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Les armes utilisées

Donald Trump n'a pas donné de détails précis sur les armes employées, mais compte tenu de la configuration souterraine de Fordo, des bombes anti-bunker de type GBU-57 ont probablement été larguées. Ces ogives de 13 tonnes peuvent s'enfoncer jusqu'à 60 mètres de profondeur avant d'exploser, selon l'armée américaine. Elles se distinguent de la plupart des missiles ou bombes qui détonent à l'impact. Le test de ces armes a débuté en 2004 et Boeing a obtenu un contrat en 2009 pour les monter sur des avions.

Les avions impliqués

Les seuls appareils capables de transporter des GBU-57 (deux par avion) sont les bombardiers furtifs américains B-2 Spirit. Avant l'attaque, des sites de suivi de vols et le New York Times avaient rapporté que plusieurs de ces aéronefs avaient quitté les États-Unis vers l'ouest. Les B-2 Spirit peuvent voler sur 9 600 kilomètres sans ravitaillement et sont conçus pour "pénétrer les défenses ennemies les plus sophistiquées et menacer les cibles les plus importantes et les plus solidement défendues". Ce modèle a été présenté au public en 1988, a volé pour la première fois en 1989 et a été livré à l'armée en 1993. Il a été déployé contre les forces serbes dans les années 1990, effectuant l'aller-retour entre le Missouri et le Kosovo sans escale, puis lors des guerres d'Afghanistan et d'Irak dans les années 2000.

Et ensuite ?

Donald Trump a déclaré que l'Iran devait "maintenant accepter de mettre fin à cette guerre", ajoutant : "L'HEURE DE LA PAIX A SONNÉ". Lors d'un discours à la nation, il a affirmé que toutes les installations d'enrichissement nucléaire iraniennes étaient "complètement détruites". Il a toutefois averti : "Rappelez-vous qu'il reste de nombreuses cibles, celle de ce soir était de loin la plus difficile de toutes. Mais si la paix ne vient pas rapidement, nous viserons ces autres cibles avec précision, rapidité et compétence."

L'agence atomique iranienne a réagi en qualifiant les frappes d'"acte barbare" et en affirmant qu'elles "n'arrêteront pas" les activités nucléaires de Téhéran. Israël a remercié le président américain pour son aide à "la paix par la force", son Premier ministre Benjamin Netanyahu voyant le Moyen-Orient à un "tournant historique". Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est inquiété d'une "dangereuse escalade" représentant une "menace directe à la paix et à la sécurité dans le monde".

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