Fifa: Infantino s'excuse après l'abandon du projet à 4,2 milliards
Fifa: Infantino s'excuse après l'abandon du projet à 4,2 Mds

La Fédération internationale de football (Fifa) a officiellement présenté ses excuses à ses 211 associations membres, mercredi 5 août, lors d'une réunion de crise tenue au Maroc. Cette décision fait suite à l'abandon d'un projet controversé visant à vendre 20 % des droits commerciaux de la Coupe du monde pour lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars. Le président de l'instance, Gianni Infantino, se retrouve fragilisé à l'approche de l'élection présidentielle de mars 2027, où il brigue un quatrième mandat.

Des excuses officielles et un engagement de transparence

Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, la Fifa a indiqué avoir envoyé une lettre aux membres du conseil de direction et aux 211 associations membres pour demander pardon pour les erreurs commises et promettre un examen approfondi de la situation. Les hauts responsables de l'instance ont également réaffirmé leur plein soutien à Gianni Infantino, tout en admettant que la gestion du projet commercial lié à la Coupe du monde aurait dû être différente.

La Fifa a déclaré qu'elle ne "tolérera plus aucune attaque sur son intégrité, sa bonne gouvernance et la régularité de ses procédures", et que toutes les mesures nécessaires seront prises pour protéger sa réputation. Ces excuses interviennent après que l'UEFA a accusé la Fifa de vendre "l'âme" du football et a exprimé sa perte de confiance envers Gianni Infantino.

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Les origines de la crise : un projet ambitieux et contesté

Le projet abandonné prévoyait la création d'une nouvelle entité chargée d'organiser les compétitions de la Fifa, dont la Coupe du monde, avec une cession d'environ 20 % de ses droits à des investisseurs privés. Parmi ces investisseurs figurait Joshua Kushner, le frère du gendre de Donald Trump, ce qui a alimenté les critiques. L'annonce de l'abandon du projet, vendredi, n'a pas apaisé les détracteurs, notamment l'UEFA, qui a dénoncé une opération contraire à l'éthique sportive.

Cette crise est la plus importante à laquelle Gianni Infantino fait face depuis son arrivée à la présidence en 2016. Le dirigeant, âgé de 56 ans, a annoncé en avril dernier son intention de briguer un quatrième mandat, et sa réélection semblait acquise il y a encore deux mois. Cependant, la controverse a ébranlé sa position, et plusieurs fédérations européennes ont officiellement retiré leur soutien.

Une menace de destitution et des manœuvres politiques

À court terme, la principale préoccupation de Gianni Infantino est d'éviter la convocation d'un Congrès extraordinaire, qui serait déclenché si au moins 43 associations membres en faisaient la demande par écrit. Selon un article publié dans The Times, l'UEFA, la Concacaf et la Confédération asiatique de football (AFC) seraient déterminées à contraindre le président à quitter ses fonctions en paralysant la Fifa, voire en lançant leurs propres compétitions.

Cinq fédérations européennes ont déjà retiré leur soutien, et Carlos Cordeiro, conseiller principal d'Infantino, a démissionné la semaine dernière en signe de protestation. En revanche, des fédérations du Qatar, du Koweït, du Liban, du Sri Lanka, du Maroc, ainsi que plusieurs fédérations africaines influentes (Égypte, Niger, Mauritanie, RDC) ont réaffirmé leur soutien au président.

Une base de pouvoir hors d'Europe

Comme ses prédécesseurs Joao Havelange et Sepp Blatter, Gianni Infantino a construit sa base de pouvoir hors d'Europe, où les fédérations les moins fortunées dépendent des financements de la Fifa pour fonctionner. Ce système nourrit des soupçons de clientélisme, d'autant que le projet controversé promettait un versement de 20 à 40 millions de dollars à chaque fédération soutenant le dispositif.

Les adversaires de Gianni Infantino cherchent désormais une personnalité capable de rassembler à la fois les fédérations modestes et les associations plus prospères, avant la date limite du 18 novembre pour le dépôt des candidatures. Ils espèrent également capitaliser sur les controverses liées à l'organisation de la dernière Coupe du monde en Amérique du Nord, notamment les liens entre Infantino et Donald Trump.

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Une issue incertaine avant le congrès de mars 2027

Alors que 211 associations nationales voteront lors du Congrès de mars 2027, le nombre de fédérations ayant pris publiquement position reste limité. La réunion de mercredi au Maroc, organisée au siège africain de la Fifa à Salé, visait à consolider le soutien à Infantino, mais l'avenir du président reste incertain. Les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir du football mondial.