Futuro Nazionale s'implante à Roquebrune-Cap-Martin
Futuro Nazionale s'implante à Roquebrune-Cap-Martin

Le parti italien Futuro Nazionale, fondé en février 2026 par le général Roberto Vannacci, a inauguré samedi 12 septembre 2026 son premier comité français à Roquebrune-Cap-Martin. Une vingtaine d'Italiens se sont réunis pour lancer cette structure, soutenue par les comités de Vintimille, Bordighera et Camporosso, avec l'ambition de représenter le mouvement sur la Côte d'Azur et de se développer auprès des Italiens installés dans le bassin mentonnais.

Un parcours militaire et politique controversé

Roberto Vannacci s'est fait connaître en 2023 avec son livre Il mondo al contrario (Le monde à l'envers), publié alors qu'il était général de l'armée italienne. L'ouvrage, qui défend des positions très conservatrices sur l'immigration, les minorités, l'homosexualité et le féminisme, lui a valu une suspension de onze mois de l'armée. Il a quitté définitivement son poste en 2025.

Entre-temps, Matteo Salvini lui a proposé de se présenter aux élections européennes de 2024 sur les listes de la Lega. Avec plus de 555 000 préférences, il est devenu l'un des candidats les mieux élus d'Italie. Après des tensions avec la direction de la Lega, il a fondé son propre parti en février 2026.

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Son positionnement politique suscite de nombreuses controverses. En août 2024, Vannacci déclarait notamment : « Ça ne me dérange pas qu'on me définisse comme fasciste. »

Un programme conservateur et souverainiste

Futuro Nazionale défend la famille fondée sur l'union entre un homme et une femme et la défense d'une identité culturelle inspirée des traditions romaine et chrétienne. Le parti réclame une politique de remigration, rejette le ius soli et le ius scholae, et souhaite durcir fortement les conditions d'accès à la nationalité. Il propose également une politique de « tolérance zéro » en matière de sécurité, davantage de places de prison et un abaissement de l'âge de responsabilité pénale pour certains crimes graves.

Sur les questions de société, il s'oppose aux unions civiles et à l'adoption par les couples homosexuels et affirme que l'avortement ne constitue pas un droit. En politique étrangère, il demande l'arrêt des livraisons d'armes à l'Ukraine et souhaite rouvrir le dialogue avec la Russie.

Jean-Pierre Parietti, un responsable sans ambition politique

À Roquebrune, Jean-Pierre Parietti, professionnel de la propriété intellectuelle à Monaco, est chargé de structurer le comité. Il présente cette initiative comme un engagement citoyen. « Nous sommes vraiment au début. Pour constituer un comité, il faut dix personnes : nous sommes actuellement onze et nous serons bientôt douze. Je ne veux pas forcer les choses. Je souhaite que les adhésions arrivent naturellement. »

Le responsable souhaite également travailler avec les militants italiens. « Nous voulons faire bloc et créer des synergies avec le comité de Vintimille, qui est déjà bien structuré. Il y a une expérience dont nous pouvons nous inspirer. » Le choix de la Côte d'Azur répond, selon lui, à une réalité locale. « À Roquebrune et à Menton, il y a beaucoup d'Italiens, certains avec le droit de vote en France et en Italie. Nous partageons la même réalité géographique et culturelle. Cette partie de la Côte d'Azur est historiquement liée à l'Italie. »

Il insiste sur son absence d'ambition politique personnelle. « Je ne suis pas un politique et je n'ai aucune aspiration de carrière dans ce domaine. Je vois cette initiative comme un service rendu pour donner une voix aux Italiens de la région. »

Des échanges transfrontaliers avec l'extrême droite française

Parmi les personnes présentes samedi figurait Guillaume Contesse, conseiller municipal de Roquebrune-Cap-Martin et responsable des Alpes-Maritimes de L'Avenir français, formation dirigée par Jean-Philippe Tanguy et associée au Rassemblement national. Il connaît Jean-Pierre Parietti, qui faisait partie de sa liste lors des municipales de 2026. « Lorsqu'il m'a proposé de participer à ce lancement, je suis venu avec plaisir. »

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Pour Guillaume Contesse, les relations transfrontalières justifient ces échanges. « Même s'il y a une frontière et que nous ne sommes pas dans le même pays, nous avons aujourd'hui une véritable communauté de destin. Il est important de tisser des liens. » Il cite notamment le futur GECT (Groupement européen de coopération territoriale), qui doit devenir opérationnel au début de l'année prochaine, et les dossiers communs liés aux transports et au développement économique.

L'élu rappelle que L'Avenir français est associé au RN, qui entretient lui-même un partenariat avec la Lega. « Le général Vannacci vient de la formation de Salvini et a été élu député européen sur ses listes. Localement, certains responsables de la Lega qui ont rejoint Futuro Nazionale siègent dans les mêmes conseils municipaux. » L'étiquette « extrême droite » ne lui paraît toutefois pas suffisamment précise. « Sur l'échiquier politique français, le RN est catalogué à l'extrême droite par certains médias et sur les réseaux sociaux. Mais que signifie réellement “extrême droite” ? Il faudrait déjà se poser la question de la définition. »

Il estime donc que les échanges peuvent se poursuivre malgré les différences politiques. « Il n'y a aucune raison pour que nous ne parlions pas avec les représentants de Futuro Nazionale, surtout lorsqu'il s'agit de sujets d'intérêt général et de qualité de vie dans un bassin de vie commun. » D'ici la fin de l'année, le comité entend surtout poursuivre son recrutement. « Nous voulons continuer progressivement, sans frénésie, et réunir des personnes convaincues par ce projet. »